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N°65 Voyages à pied

Hiver 2026
19,00 

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Dans chaque numéro de Bouts du monde, une quinzaine de carnets de voyages et une thématique pour rire, rêver, s’émouvoir ou questionner le monde.

Description

Dans le courant de l’automne, les réseaux sociaux nous proposent la photographie d’un gars qui marche avec un sac sur le dos et le château d’Angers en arrière-plan. Pas fous, les algorithmes savent que c’est une ville où nous avons nos habitudes et ils se sont doutés que la légende, signée Alexis Le Rossignol, retiendrait toute notre attention. « Il y a vingt ans jour pour jour, je partais avec mon pote Rémi pour le voyage de notre vie. Un an de marche à pied jusqu’en Chine par la Route de la Soie ». 

Connaissant les chroniques humoristiques d’Alexis Le Rossignol sur France Inter, on s’est dit que traverser à pied l’Asie centrale était la promesse d’aventures rocambolesques qui nous feraient bien rigoler. Et puis son récit a raconté autre chose en plus : la nécessité d’une aventure initiatique quand on a 20 ans, l’état de grâce du voyageur et la fabrique à souvenirs – « une petite réserve de moments agréables » – que l’on convoque dans son esprit pour aller bien. 

Morgane Lefèvre et son compagnon David ont picoré aussi quelques-uns de leurs souvenirs pour nous conter une autre aventure vertigineuse. Cinq ans de voyage jusqu’aux portes de l’Afghanistan au sein d’une caravane que l’on remarque : un âne, un mulet et trois chiens. Il faut pour entreprendre pareil voyage un optimisme à toute épreuve capable de refroidir les déserts arides, réchauffer le vent des montagnes, faire sourire les douaniers et placer sur votre chemin ceux qui vont faciliter votre route.

Cela ne rend pas le voyage facile pour autant. Mais à aucun moment Rudi Agostini n’a semblé se départir de sa bonne humeur même quand il s’enfonçait la jambe dans la neige jusqu’à mi-cuisse dans le parc national de Jotuheimen en Norvège. En Laponie, Antoine Kremp se moquait pas mal du froid et de l’inconfort tant qu’il pouvait faire de son bivouac un affût à portée d’objectif des oiseaux.

Pendant les trois mois qu’il a passé dans les steppes de Mongolie, Marc Alaux n’a pas vécu que « des aventures prodigieuses et des belles rencontres ». Il est arrivé au terme de son périple avec la gueule d’un évadé de goulag, mais heureux sûrement d’avoir cheminé longuement avec son ami d’enfance.

Se mettre ainsi en route permet à coup sûr l’acquisition d’un supplément de sagesse. C’est ce que nous inspire ce voyage à pied de François de Pagès, exhumé par Hubert Sagnières, passionné de voyages anciens. En 1767, depuis Haïti, cet officier de la marine entreprend un voyage de plusieurs années qui le mènera en Louisiane, au Mexique, aux Philippines, aux Indes. Il en a rapporté une anecdote en forme de question : « Les Maures demandaient pourquoi tous les Européens ne restaient pas tranquilles chez eux, sans courir au bout du monde ». 

Peut-être pour rapporter un message universel qui a traversé les siècles, en ces temps où cela va mieux en le disant : la plupart du temps, l’hospitalité est une vertu partagée par la majorité des habitants de cette planète.

élisa Ferragu n’est pas allée si loin pour le vérifier. On lui a donné trois pommes et un saucisson qu’elle a glissés dans son sac à dos. C’est suffisant pour se mettre en route au pied levé sur le sentier des douaniers en Bretagne. Quatre jours. Une entrée en matière. Mais la prochaine fois, elle pèsera quand même son sac à dos avant de se mettre en route.

William Mauxion

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