Carnet de voyage - États-Unis

Flower Power

Ce sont les années 1970. Xavier Vallais a 22 ans. En poche, des traveller’s chèques, Le Routard – un guide de voyage alors inconnu qui annonçait bien des promesses – quelques pellicules argentiques et un billet d’avion Nouvelles Frontières. La destination : l’Amérique qu’il sillonnera du Nord au Sud pendant seize mois, rencontrant les hippies et fous qui ne baillent jamais.

– EXTRAIT – 

Un minibus Volkswagen s’est arrêté et, au volant, une femme me demande où je vais ?

« I’m heading West. » « Ok, I’m going to California ». Miracle ! Elle va en Californie !

Elle a une trentaine d’années, s’appelle Helaine. Nous sympathisons très vite. Elle n’est pas seule ; à l’arrière de son van, deux gros chiens sont assis et me regardent. Ils ne sont pas méchants, me dit Helaine ; le labrador s’appelle Mellow et le golden retriever Yellow. J’aime les chiens et ces deux-là deviendront vite des copains. Elle pense mettre une dizaine de jours pour arriver à destination et me propose de faire toute la route avec elle. (…)

Nous entrons en Californie, appelée le Golden State, par le plus bel endroit qui soit : le Lake Tahoe, entouré de montagnes, à 1 897 mètres d’altitude, dans la Sierra Nevada. Helaine rend visite à ses amis installés dans un beau chalet au bord du lac avec vue sur les sommets enneigés. Quelques heures plus tard, nous voici arrivés sur la côte Pacifique. Helaine m’invite à rester quelques jours avec elle dans une communauté hippie où je vais avoir quelques belles surprises…

La première chose que je remarque, ce sont les fesses d’une fille faisant la vaisselle vêtue d’un simple tablier de cuisine ! Tout de suite je réalise la situation : tout le monde vit nu, garçons et filles, en toute décontraction. La villa est occupée par une vingtaine de personnes, des jeunes. L’ambiance est cool, les uns cuisinent, les autres jouent de la guitare, lisent, se reposent…

Nous sommes dans la région de Big Sur, au sud de San Francisco. Je me souviens de mon arrivée dans cette très belle maison en bois avec de grandes baies vitrées surplombant la mer. La première chose que je remarque, ce sont les fesses d’une fille faisant la vaisselle vêtue d’un simple tablier de cuisine ! Tout de suite je réalise la situation : tout le monde vit nu, garçons et filles, en toute décontraction. La villa est occupée par une vingtaine de personnes, des jeunes. L’ambiance est cool, les uns cuisinent, les autres jouent de la guitare, lisent, se reposent… Je suis très bien accueilli, certains échangent quelques mots de français avec moi. Bien sûr, comme tout le monde, Helaine et moi nous nous sommes mis à poil ! J’avais entendu parler des communautés hippies de Californie, je n’imaginais pas m’y retrouver aussi soudainement.

Dans cette maison isolée au milieu des arbres, les conditions de vie sont excellentes, il y a tout le confort, on y mange bien, des choses saines. Quelques joints circulent, rendant encore plus zen l’atmosphère. L’environnement est exceptionnel, ciel d’azur et bleu intense de l’océan Pacifique avec les vagues blanches venant se briser sur la côte rocheuse. Je me demande quand même comment tous ces jeunes gens font pour vivre, ne semblant pas être trop préoccupés par le travail ? J’apprends qu’ils exercent à l’occasion de petits jobs, ils savent aussi bénéficier des allocations chômage et pour certains d’entre eux, les parents doivent aider de temps en temps.

Carnet de voyage de Xavier Vallais à découvrir dans le Numéro 62

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