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Carnet de voyage - Mongolie

La bonne direction

Pédaler apaise-t-il les tourments de l’âme ? Xavier Lebreton en est persuadé. En 2019, il est allé jusqu’en Mongolie, avant de regagner l’Europe en traversant le haut plateau du Pamir. 25 000 kilomètres en quête d’accomplissement. À condition de faire les bons choix en cours de route.

– EXTRAIT Carnet de voyage Mongolie –

Jour 84 – Vers Amarbayasgalant, Mongolie.Ils sont plutôt rares, les jours où nous devons prendre nos responsabilités et en assumer pleinement les conséquences. Aujourd’hui est un de ceux-là. Dois-je aller vers mon rêve ou dois-je me résoudre à accepter ce que me disent les locaux ? Une chose est sûre, l’envie de tenter l’aventure est bien plus forte que la déception de ne pas le faire. Alors c’est décidé, je fonce ! Lorsque je quitte le confort de la route goudronnée pour le chemin de terre, je me sens en parfait accord avec mon choix. Je me sens prêt à en prendre le risque. Cela fait des mois que je suis sur la route et mon instinct ne me donne qu’un mot d’ordre : oser. Oser affronter les éléments, oser prendre mes responsabilités, oser réaliser mon rêve. Plus qu’un simple virage, c’est un véritable tournant que j’opère dans mon voyage. Mon objectif est simple : parvenir au bout de ce long chemin qui serpente entre les steppes, les vallées et les montagnes mongoles et parvenir jusqu’au mont Buren-Khan. C’est là que se trouve perché Amarbayasgalant, l’un des plus grands monastères bouddhistes de Mongolie. Mais le temps presse et les portes du monastère ferment dans deux heures.

Je me mets en route sans tarder et me retrouve rapidement seul avec le son du vent pour unique compagnon. C’est la première fois que je ressens ce sentiment de liberté depuis mon départ de France il y a bientôt quatre mois. Après une vingtaine de kilomètres, le chemin de terre se transforme progressivement en un chemin rocailleux qui secoue mon vélo dans tous les sens. Puis surviennent des montées, abruptes, et de nombreuses descentes qui me demandent de faire preuve de vigilance pour ne pas chuter. À cet endroit du monde, ce serait désastreux.

Ce qui m’inquiète n’est pas tant ce qui se trouve sous mes pieds que ce qui se trouve au-dessus de ma tête. Je repère au loin une masse noire immensément dense qui avance dangereusement dans ma direction. Pas besoin d’être un expert météorologique pour comprendre que cette tempête va être monstrueuse

En réalité, ce qui m’inquiète n’est pas tant ce qui se trouve sous mes pieds que ce qui se trouve au-dessus de ma tête. Je repère au loin une masse noire immensément dense qui avance dangereusement dans ma direction. Je sens également le vent qui se lève, fort et puissant, comme s’il souhaitait m’avertir du danger qui arrive. Pas besoin d’être un expert météorologique pour comprendre que cette tempête va être monstrueuse. Je regarde mon GPS et réalise que le temple est malheureusement trop loin pour que je l’atteigne avant l’orage. Alors je poursuis mon chemin en quête d’une solution qui se fait désespérément attendre.

La pluie commence à tomber et je ne fais pas le malin. Je pédale à toute allure, frôlant la chute à plusieurs reprises lorsque, au détour d’une énième montée, je repère un petit point blanc à l’horizon. Je quitte aussitôt mon chemin et fonce aux travers des steppes en sa direction. Après une dizaine de minutes d’effort, j’atteins une yourte entourée d’une centaine de chèvres qui chevrotent de bon cœur sous la pluie. Je descends de ma monture et me tiens face à la porte d’entrée. Deux mondes ne sont désormais plus séparés que par une simple planche de bois. D’un côté, une famille de nomades qui vit en autarcie au sein de la nature, de l’autre, un jeune homme occidental de trente ans qui a passé la majeure partie de sa vie en études. Deux cultures, deux styles de vie, deux histoires qui dans un instant se rencontreront. J’ai le cœur qui palpite. Je respire un grand coup et je frappe.

Carnet de voyage Mongolie de Xavier Lebreton à découvrir dans Bouts du monde 49

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