Sophie Ansel
Photographe, journaliste et auteure, Sophie vit de continent en continent, entre l’Asie, l’Europe et l’Australie, en quête d’habiter le monde le plus poétiquement possible, au présent.
Suivant depuis vingt ans ses appels intuitifs, elle se laisse guider vers les marges, là où se tissent des récits qui lui paraissent essentiels, et qu’elle explore avec celles et ceux qu’elle rencontre.
Des récits pour naviguer dans l’état du monde et en prendre le pouls, une histoire à la fois.
Plongeuse professionnelle et opératrice caméra sous-marine, elle a passé quelques années sous la surface de l’océan Pacifique pour documenter la métamorphose silencieuse des récifs coralliens, notamment pour le film Chasing Coral, qui l’a menée de la Grande Barrière de Corail à Kiribati, aux côtés de scientifiques, et aussi, en tant que journaliste, sur des îles confidentielles comme l’atoll de Palmyra, Rose Atoll, ou la vallée des géants des Samoa américaines.
Elle réalise des films immersifs en VR pour raconter des histoires sous-marines sensibles, reliant communautés côtières, animaux marins et préservation, notamment auprès d’anciens pêcheurs des îles Tonga et au Mexique.
Dans l’intimité d’univers engloutis, elle cherche à aller en profondeur pour rapporter des fragments de trésors encore vivants : des histoires qui ajoutent, malgré tout, un peu plus de beauté au monde.
Durant ses dix années de vie en Asie du Sud-Est, elle a écouté des survivants du génocide khmer, vécu auprès de minorités birmanes aux quatre coins du pays, puis suivi les chemins de leur exil : de la Malaisie à la Thaïlande, des États-Unis jusqu’aux centres de détention en Australie. Son livre D’abord, ils ont effacé notre nom témoigne d’une approche fondée sur le temps partagé, l’écoute et l’empathie, et surtout de l’histoire qui s’inscrit dans le silence et dans le sang quand personne ne peut recueillir ces histoires étouffées par la peur, la censure et la propagande. Dans l’intimité des récits personnels, elle chercher à faire réémerger les ponts qui nous rappellent que nous naissons tous pareils et appartenons à une même humanité, au-delà des frontières et des drames, portée dans le même bateau : la planète Terre.
Aujourd’hui, c’est dans le bush australien qu’elle pose ses objectifs, sa plume et son clavier, autant que possible, auprès des Aborigènes et de leurs savoirs. Au sein de l’agence Zeppelin, elle photographie les gardiens du feu Yolŋu ou encore les tisseuses de Numbulwar qui transforment les déchets de l’océan en art sacré, et aussi les rangers occupés à restaurer la biodiversité de Christmas Island. Dans ces territoires où le temps se mesure en saisons de pluie, en floraisons et en éclosions, elle cherche à saisir une autre manière d’habiter poétiquement le monde : celle des peuples qui ont su ne jamais séparer la terre de l’esprit et continuent d’être à l’écoute.
Ses reportages écrits, audio et photographiques diffusées sur RFI, la revue NATIVES, Animan, Rhythms Monthly, La Croix, Embarquements, entre autres, ses livres et BD publiés chez Delcourt, Plon, La Martinière, Steinkis (traduits en anglais), ainsi que ses films sous-marins, convergent vers la même quête : révéler la beauté résiliente de celles et ceux qui portent des trésors confidentiels, et dont la voix mérite d’être amplifiée. Entre photojournalisme d’investigation et regard sensible, elle ne choisit pas : c’est dans cet entre-deux, entre le document et le regard poétique émerveillé, que ses textes et ses photographies cherchent leur force et leur authenticité.
Sophie traverse des territoires et s’y laisse transformer. Chaque immersion l’interroge, lui enseigne une autre manière de penser et la reconstruit, réinterrogeant les cadres.
Guidée par cette boussole intérieure, elle avance vers ce qui lui semble le vital et l’essentiel : ces moments de grâce où, dans le silence du déclencheur, d’un regard, ou d’un ressenti, l’humain et le vivant se reconnaissent.