Les Seychelles, une vraie jungle

Karine
Djébari
/
Seychelles
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Bouts du monde n°2515 
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Carnet de voyage Seychelles

Les Seychelles ont inventé les plages paradisiaques. Mais l’archipel est plutôt ingrat avec la nature. La voilà contrainte de se frayer un chemin entre les resorts pleins d’étoiles et les îles artificielles, les hordes de touristes en maillots de bain et les tubes de crème solaire. ça n’a pas empêché Karine Djébari de partir à l’assaut du dépliant touristique.

– EXTRAIT –

Lever de soleil sur les palmiers. Deux roussettes taquinent le ciel pastel de 6 heures du matin. Silhouettes de chauves-souris géantes sur un moucheté gris rosé. Une mante religieuse veille sur la terrasse. Un petit mille-pattes traverse, insouciant, devant mes pieds. La forêt se réveille, une partie de sa faune va se coucher. L’Amazonie ? Non, les Seychelles. Anse à la Mouche, côte ouest de Mahé, un vendredi 7 août de cette année. (…)

Il est toujours plusieurs façons de considérer le monde. Idem pour le microcosme des Seychelles : on pourra y voir un paysage idyllique, la tentation de l’exil, l’incarnation du paradis. Toute la nature se prête ici au jeu de la carte postale : palmiers poétiques en diable, courbant le tronc devant sa majesté des eaux turquoise, sable doux et fin comme de la farine, rochers aux formes arrondies délicatement jetés de-ci de-là. Les mauvais esprits revenus de tout y verront peut-être une plage, jolie, certes, mais semée de détritus et de méduses agonisantes. Tout dépend bien sûr d’où l’on arrive, et après quelle feuille de route. L’émerveillement n’est pas le même pour le citadin et le marin. (…)

Deuxième jour. Maintenant qu’on est à peu près acclimatés, on peut se lancer à l’assaut de la brochure. Attaquons l’île par sa face touristique. Très touristique, même. Direction Beau Vallon, l’aimant à bermudas rayés, le pôle magnétique des vacanciers, la centrifugeuse à crème solaire, le spot à coups de soleil, la pompe à fric quelle que soit la saison, bref : LA plage de Mahé. Avec ses hôtels qui commencent à défier le bon sens écologique, ses vendeurs d’excursions maritimes, ses loueurs de transats, la plage la plus fréquentée de l’île contraste avec le sud sauvage où nous avons élu domicile. La carte des loisirs (plus ou moins réchauffés) est vaste : bronzette bien sûr (version rose ou rouge cramoisi), baignade avec l’incontournable GoPro, sortie en bateau, pique-nique sur un îlot, pêche au gros (il n’est pas forcément besoin d’aller en mer…), snorkeling, tour de bouée gonflable, jet ski, plongée, mais aussi ambiance musicale, avec les stands de la « Fête des tortues », l’apéro perpétuel et le roulement des vagues. Sea, sex and sun. Fish and chips et happy hour. Bon, ok, je suis mauvaise langue : le tour de bouée tractée n’était pas si mal, et la baignade, délicieuse. Et puis j’ai même trouvé une supérette avec des pâtes sans gluten, c’est dire.

La suite du carnet de voyage de Karine Djébari est à retrouver dans Bouts du monde n°25.

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