Commander la revue
Bouts du monde n°3815 
S'abonner
Abonnement 1 an60 
Abonnement 2 ans120 

Carnet de voyage Indonésie

Des histoires de magie noire, de crocodiles géants et d’empoisonnement inciteraient un voyageur raisonnable à rebrousser chemin. Fred Lamiral, au contraire, a déplié la carte au nord de Sumatra pour se confronter aux croyances et aux mystères.

 – EXTRAIT –

Sur le ferry, qui une foispar semaine effectuait la liaison entre Meulaboh et Simeulue, nous étions, contre toute attente, trois Occidentaux, trois Français en plus ! Les deux autres étaient des surfers, des routards qui écumaient les eaux chaudes de l’archipel depuis plusieurs années et qui ma foi étaient assez désagréables.

L’un d’entre eux, très sûr de lui, me conseilla de quitter Aceh avant la date fatidique des élections présidentielles. En effet, dopé par la soif de justice d’une population trop longtemps opprimée, le gam, le groupe indépendantiste local, redoublait d’activité et multipliait les raids contre les commissariats et les casernes. Or il était vrai que le scrutin, organisé le mois suivant, risquait d’entraîner encore davantage de violences…

Au terme d’une nuit entière de navigation, le bateau entra dans une baie entourée de petites collines recouvertes de jungle et au fond de laquelle pointaient les toits en tôle du petit port de Sinabang. La mer était d’huile, le soleil encore bas et les brumes matinales à peine dissipées. De part et d’autre, on apercevait des pirogues et des barques à bord desquelles les pêcheurs locaux coiffés des habituels chapeaux coniques s’affairaient.

Mais malgré son apparence ordinaire de petite ville indonésienne typique, fleurie et colorée, Sinabang était différente de ce à quoi je m’attendais. On ne retrouvait pas, chez ses habitants, la spontanéité et la chaleur de la population rurale d’Aceh. Yus m’expliqua que la plupart d’entre eux étaient des étrangers, originaires d’autres provinces et installés sur Simeulue pour des raisons économiques. Leur style de vie n’avait donc rien à voir avec celui des Achinais, plus traditionnel, plus simple aussi.

En ville, on nous avait mis en garde contre les coutumes des natifs de l’île : pour des raisons obscures, liées à l’usage de la magie noire, on avait en effet l’habitude, sur Simeulue, d’empoisonner les voyageurs !

Carnet de voyage de Fred Lamiral et Guillaume Lecouteux à découvrir dans Bouts du monde n°38

Autres carnets

fringilla ut Lorem ut adipiscing pulvinar vulputate, quis