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Bouts du monde n°3115 
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Carnet de voyage Cuba

Peut-on échapper à son statut de touriste ? Pourtant escortés des meilleures intentions du monde, Léo et Claire ont vite compris que les Cubains raconteraient un peu leur île à condition de commander un autre daïquiri ou une piña colada. Il faut tutoyer Cuba pour que l’île baisse sa garde.

– EXTRAIT – 

J’ai toujours vu le voyage comme une rencontre. Comme si chaque pays était une personne à part entière. L’Italie, je la vois comme cette vieille cousine qui me rappelle mes racines. Le Brésil, c’est ce mec canon avec qui on adore danser et faire la fête. L’Espagne, c’est la meilleure amie qui nous accepte telle que l’on est. Cuba, elle, c’est cette personne mystérieuse, presque inaccessible, qu’on rêve de connaître depuis longtemps parce qu’elle a trop la classe, elle danse trop bien, elle sait jouer plein d’instruments et puis en plus, c’est trop une rebelle. Depuis quelques temps, Cuba me faisait de l’œil. Je l’imaginais de loin, sans savoir beaucoup de choses sur elle. Une histoire douloureuse, compliquée, une culture fascinante et des paysages à couper le souffle. Alors, quand j’ai vu que l’île était en train de changer, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de partir à sa rencontre.

D’après ce qu’on m’a expliqué, Cuba est une île figée dans le temps depuis plus de cinquante ans. Embargo américain, dirigeants abusifs, blocus, grosse ambiance quoi. Mais depuis peu, les États-Unis commencent à s’ouvrir à Cuba, ce qui fait que le pays est en pleine effervescence et tout est en train de changer. Alors j’ai voulu aller voir de mes propres yeux ce qui se passe.

5 janvier 2016, Viñales. Ce matin, ce n’est pas l’orage qui nous a réveillés, mais un magnifique coq et ses voisins à crête rouge. Nous sommes arrivés hier soir à Viñales, une toute petite ville qui n’a rien à voir avec La Havane. Ici, nous ne sommes plus entourés par des immeubles, mais par des palmiers, et les Cadillac sont remplacées par des chevaux. On se retrouve en pleine campagne, entourés de montagnes teintées de dégradés de verts, des couleurs que je ne pensais même pas voir un jour dans la nature. Le climat aussi a changé, l’air se fait plus lourd, plus humide, nous voilà au beau milieu de la forêt tropicale. Tout est coloré, vieux, simple, j’aime cette partie de toi.

Le taxi nous a déposés devant notre nouvelle casa, une petite maison couleur papaye, perdue au bout d’un chemin de terre…

La suite du carnet de voyage de Claire Pendola est à lire dans Bouts du monde n°31.