Gironde. L’estuaire à tire-d’aile

Stéphanie
Lafitte
/
France
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Bouts du monde n°2515 
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Carnet de voyage France

En suivant le fil de l’eau sur leur bicyclette, Stéphanie Lafitte et Sophie Bataille ont su écouter les pêcheurs et les ornithologues, les arbres et les oiseaux, qui tous ont une histoire à raconter sur l’estuaire de la Gironde, bien moins calme qu’il n’y paraît.

Une envie de voyage : un voyage-plume au pays d’ici, sur les rives de cet estuaire côtoyé et mal connu, chemin d’eau entre deux terres, lieu de passage, territoire de migrations… Une idée à visiter : suivre la piste des migrateurs, ceux du ciel, de la terre et de l’eau, s’aventurer nez au vent, ouvertes aux rêveries et aux rencontres, glaner les mots, les couleurs, les odeurs, les souvenirs aussi… Une expérience à vivre : se glisser dans l’humidité des marais, dans la boue fertile des berges, se perdre avec le vent dans les joncs, retrouver la solidité de la terre…

Lamarque – Blaye, lundi 29 avril. Début de la migration des deux oiselles de Bordeaux à Lamarque où femmes et vélos embarquent sur le bac traversier. Jubilation de quitter la terre, même pour ces vingt minutes de traversée d’eaux connues, et frissons d’aventure au passage des îles vertes. Rares touristes, qui s’encadrent dans les hublots pour profiter au chaud du paysage ou se photographient courageusement sur le pont. Sophie dessine, adossée à la grosse ancre. Appuyée au bastingage durant toute la traversée, une femme inconnue pleure, soutenue par une autre plus âgée, bras serrés autour des épaules, comme pour empêcher un naufrage. Puis déjà, c’est l’arrivée et les premiers tours de pédales dans la grande rue de Blaye…

Un moment plus tard le vent nous cueille sur les faux plats des coteaux : direct dans le nez ! Remontée vent debout autour de la silhouette imposante de la centrale nucléaire de Braud-Saint-Louis, en passant sous les lignes haute tension qui dessinent leurs portées en ombre sur la route. Déjà les oiseaux sont partout : volutes et traits dans le ciel, silhouettes à l’affût au milieu des joncs. Et voici la première cigogne, qui s’envole là, tout près, passe au-dessus de nos têtes et se pose de l’autre côté de la route.

© Carnet de voyage de Stéphanie Lafitte et Sophie Bataille à découvrir dans Bouts du monde n°25

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