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Bouts du monde n°4115 
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Carnet de voyage Atlantic Ocean

S’installer aussi confortablement que possible en haut de la mâture cinquante mètres au-dessus du pont, résister au mal de mer, ne pas penser au vertige : Guillaume Tauran se complique la vie pour dessiner. Mais il est gabier sur L’Hermione. Et le quotidien d’un gabier n’est pas de tout repos.

– EXTRAIT – 

Au large de Groix, je suis extirpé de la sieste, perché dans la mâture par trente mètres. Une manœuvre est annoncée pour le tiers de service. C’est l’occasion de réaliser quelques croquis qui serviront plus tard pour ma BD. Tous les milieux dorment, heure de sieste oblige, sauf Ewen qui prend part à la manœuvre.

Nous sommes partis depuis quatre mois et la fatigue se fait sentir. Quand une équipe travaille, la seconde dort et la troisième peut être appelée à la manœuvre en cas de besoin. C’est ce système, celui des quarts, qui régule toute la vie à bord. Chacun travaille quatre heures à tour de rôle, ce qui laisse, quand tout va bien, huit heures de repos pour les autres.

Les gabiers grimpent, le vent forcit, il faut réduire la voilure. Je n’ai pas encore pris de croquis de cette manœuvre, c’est le moment idéal ! Reste à trouver le meilleur endroit, et la meilleure position (point de vue confort) pour dessiner dans la mâture. Le vent fait claquer mes feuilles. Je Rouen : « Et vous alors, qu’est-ce qui vous a donné envie d’embarquer ? ». S’ils pouvaient être là, à les voir perchés à cinquante mètres dans les rafales, le sourire aux lèvres et la goutte au nez, en train de resserrer les voiles, ils comprendraient sûrement.

S’ils pouvaient être là, à les voir perchés à cinquante mètres dans les rafales, le sourire aux lèvres et la goutte au nez, en train de resserrer les voiles, ils comprendraient sûrement

Récit de voyage de Guillaume Tauran à lire dans Bouts du monde n°41

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