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Bouts du monde n°4315 
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Carnet de voyage Royaume-Uni

Un nectar parfait, dont la quintessence est résumée en quelques mots sur le carnet d’Helen. Joël Alessandra a retrouvé les notes de sa tante décédée brutalement. Pour rendre hommage à celle qu’il a surnommée Lady Whisky, il est parti sur les routes de l’ïle d’Islay en Écosse pour vérifier si ce breuvage existe.

– EXTRAIT – 

Lady Whisky est le nom que j’avais donné à cette femme incroyable, critique, experte internationalement renommée dans le domaine du whisky, autrice de plusieurs livres sur le sujet traduits en plus de douze langues. Elle avait également développé sa propre marque de spiritueux. L’industrie du Scotch Whisky avait même reconnu l’importance de sa contribution en la nommant membre à vie de la confrérie des « Keepers of the Quaich ». Helen Arthur était britannique et aussi ma « aunt-in-law », ma tante par alliance. Elle est morte brutalement en 2015.

Cette femme avait beaucoup compté pour moi, et j’étais énormément affecté par sa disparition. On s’appréciait vraiment, nous allions gribouiller ensemble quelquefois, du carnet de voyage, des notes dessinées souvent trichées, pour magnifier l’univers qui nous entourait. Il nous était même arrivé de croquer l’Afrique tous les deux, lors d’un voyage au Kenya, pays qu’elle connaissait intimement pour y être allée des dizaines de fois et y avoir acheté des terrains pour la construction d’écoles.

Malgré notre profonde amitié, elle avait renoncé depuis bien longtemps à m’initier aux mystères de la dégustation du whisky. Elle avait bien fait quelques tentatives timides, mais sans grand succès, je restais farouchement cramponné à mes valeurs bordelaises ou bourguignonnes en matière de liquides. Cette femme me manquait, mais comment lui témoigner cette amitié ? Je me disais qu’il était trop tard maintenant. Pourquoi ne pas lui avoir dit en face combien elle était importante pour moi ? Helen était passionnée et cherchait, pour sa propre marque de whisky, un malt aux arômes inédits, susceptible d’enrichir sa collection déjà somptueuse d’assemblages écossais. Peu après son décès, j’avais trouvé quelques notes éparses sur ses carnets. Des indices, un peu comme dans un mauvais polar, qui nous disaient qu’elle tentait de repérer ce breuvage dans l’île d’Islay, en Écosse. Bien que néophyte complet en la matière, il me semblait avoir trouvé un moyen d’honorer sa mémoire, de lui rendre hommage. Voilà ! Il me fallait trouver ce fameux nectar unique et parfait, celui qu’elle cherchait et que sa mort avait empêché de découvrir. Je le lui offrirai à titre posthume.

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