Surprise Kirghize
Carnet de voyage - Kirghizstan

Surprise kirghize

Noé et Simon, les deux fistons âgés de 32 et 35 ans, avaient reçu de leur père une liste d’affaires à mettre dans leur sac à dos. C’est tout. Pas suffisant pour savoir vers quelle destination exotique ils allaient s’envoler.

EXTRAIT :

Sans être exceptionnelles, mes connaissances géographiques peuvent être qualifiées de plutôt correctes : épeler sans se tromper la capitale de Madagascar est dans mes cordes, mais je vais probablement m’emmêler les pinceaux si on me demande de positionner les pays Baltes dans le bon ordre. Pas fantastiques donc, mais correctes.

Pourtant ce 26 juin 2018, à l’aéroport Charles-de-Gaulle, lorsque Anne et mon père nous révèlent après plusieurs mois de suspense la destination pour laquelle nous allons embarquer – le Kirghizstan – je suis totalement à sec. Je situe ça grossièrement quelque part entre la Chine, la Russie et l’Inde, dans cette vague région où de nombreux noms de pays se terminent en « stan ». (À moins d’être agrégé de géographie, baroudeur au long cours ou inconditionnel des livres de Sylvain Tesson, je crois que la plupart des gens ne feraient guère mieux).

Mais ensuite… Comment s’appelle la capitale ? Quelle langue y parle-t-on ? Suis-je capable de citer ne serait-ce qu’une personnalité qui en soit originaire ? Pourrais-je reconnaitre son drapeau dans un défilé olympique ? Que sais-je finalement de ce pays ? Eh bien pour être honnête : aucune idée. Je ne sais pas. Rien. La page blanche. L’expérience s’annonce donc plutôt intéressante : partir en voyage dans un pays dont on ne se fait  absolument aucune représentation. À l’heure où nous sommes submergés par les images et les vidéos de tout et n’importe quoi, ce pays semble être passé au travers des mailles du filet, ou tout du moins de mon filet. La liste d’affaires à emporter nous avait permis de dresser un portrait-robot de l’inconnu (du relief, du très chaud, du très froid, beaucoup de poussière, pas de visa nécessaire et des prises au standard 220 V) mais nous étions finalement tous loin du compte. J’étais donc persuadé de partir pour un trek dans l’Atlas marocain, Audrey (ma douce) pensait Jordanie, et Simon (mon frère) Norvège… (il ne gagnait pas souvent au Cluedo). Autre détail important : notre périple s’effectuerait à dos de cheval.

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