Portrait de François Delclaux, hydrologue

François Delclaux

Auteur publié dans Numéro 40

Travailler à l’étranger est pour moi un des meilleurs moyens de découvrir un pays, ses habitants, sa culture, sa géographie. J’ai eu la chance, comme hydrologue à l’Institut de recherche pour le développement – un organisme dédié au partenariat scientifique avec les pays en développement –, d’effectuer des missions en Afrique et en Asie Centrale : bassin du Lac Tchad (Cameroun, Niger, Tchad), Népal, Kirghizistan.

Faire de l’hydrologie à l’étranger m’a conduit à des situations très contrastées. Les relations avec les partenaires scientifiques nécessitent de prendre en compte des mentalités et des méthodes de travail très différentes de celles dont j’ai l’habitude. Par ailleurs les activités de mesure sur le terrain, là où l’eau coule, s’évapore, s’infiltre et est utilisée par l’homme, m’ont souvent amené dans des lieux improbables. Les conditions de travail sommaires nécessitent l’aide et la collaboration avec les paysans, pêcheurs et éleveurs, au plus proche de leurs conditions de vie. Enfin, l’écoute de leurs témoignages face à des événements exceptionnels (crues, sécheresses) est une alternative précieuse à des mesures impossibles à réaliser.

En plus de ces voyages professionnels, j’ai aimé transmettre ce goût de la découverte à mes enfants. Nous avons effectué en famille de nombreux voyages, allant d’un tourisme « classique » urbain (Rome, Londres, New York) à des destinations plus « ouvertes », avec certains souvenirs inoubliables : cratère du Kawah Ijen, aubes du désert mauritanien, nuit au sommet du Stromboli.

Nouvellement retraité, je relis parfois mes notes de voyage, et chaque fois, derrière les mots, les frontières disparaissent, remplacées par les paysages et les visages rencontrés.

Et toujours l’envie de repartir…