Benoît Lucas - auteur - bouts du monde

Benoît Lucas

Auteur publié dans Numéro 25

Le plus simple, pour parler de soi, est peut être de parler des autres. Ceux qui m’ont influencé, instruit et construit en me faisant rêver. Le plus souvent par mes lectures, celles qui ont fait que le désert et l’aventure m’ont attiré inexorablement.

De manière indirecte en lisant les récits aériens de Saint Exupéry « Vol de nuit » « Terre des hommes »  ou encore « Pilote de guerre » Une invitation au voyage, à l’aventure solitaire dans le désert d’en haut. Pour se terminer dans les dunes du désert d’en-bas du «Petit Prince » bien entendu. Les méharées de Théodore Monod et le Sahara de Frison Roche complètent le tableau.

Car ils sont nombreux à m’avoir accompagné par leur plume, m’ont fait m’intéresser à cette petite partie du Nil.

Sans oublier les rencontres avec d’autres voyageurs, explorateurs ou archéologues contemporains cette fois.

On dit souvent que tout a été découvert ou écrit par les autres, que la terre est devenu à l’aire de la globalisation un monde fermé. Je reste persuadé du contraire. La Nubie et ses trésors ont été redécouverts des siècles avant moi par Champollion, Norden ou Bruce, mais d’une certaine manière personne ne les aura vues par le chemin que j’ai emprunté, l’heure, le jour, l’année où ils se sont offerts à moi.

Et de réussir cette aventure nubienne au moment le moins propice de ma vie, en jetant dans la bataille mes dernière économies a une saveur bien particulière. Malgré la précarité d’une telle situation, c’est sans conteste l’argent le mieux investi de mon existence. Tant la générosité désinteressée du peuple nubien m’a enrichi l’esprit.
Une valeur inestimable qui anime chacun de mes jours.

C’est ce qui fait la beauté du désert, c’est en ça que je rejoins le Petit Prince:

“J’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant quelque chose rayonne en silence…
-Ce qui embellit le désert, dit le petit prince, c’est qu’il cache un puits quelque part…”