Dès mes dix-sept ans j’ai commencé à voyager. Voyager vraiment j’entends. Prendre la route – les routes plutôt, sac à dos sur les épaules. Avant cela, rien ne m’y avait incitée, ma famille étant plutôt casanière.
C’est né comme un pari avec une amie « Chiche on fait un tour d’Europe avant nos 18 ans ? ». Chiche. Alors nous sommes parties pour notre premier voyage, à deux mineures. Bien sûr nous avons dormi dans les gares, dans les couloirs des trains, au mieux sur une banquette ou de temps à autres dans un dortoir, mangé des boites de conserve, dormi dans un commissariat à la frontière entre la Hongrie et la Roumanie, perdu des papiers, rebroussé chemin, changé de plans… Mais malgré cela ce fut le coup de foudre, il fallait que je reparte le plus vite possible !
J’ai attendu l’été suivant pour repartir, tout de même déterminée à commencer mes études d’architecture à Paris. J’ai saisi l’opportunité d’un stage pour partir au Maroc seule trois semaines observer le travail d’artisans du zellige et de la poterie, puis ai cueilli quelques abricots pour aller en Inde un mois. Ces deux expériences ont encré encore un peu plus de désir de repartir.
Cette fois je n’ai pas su attendre un an et me suis éclipsée une dizaine de jours en période scolaire en Turquie, retrouver ma complice du premier voyage. L’été suivant j’ai réalisé un stage chez des architectes urbanistes spécialisés dans les zones informelles (favelas) à Rio de Janeiro, Brésil, puis j’ai profité de l’occasion pour voyager un peu au Brésil et en Bolivie. Une expérience un peu plus longue et puis profonde car j’ai eu l’occasion de commencer l’apprentissage du Portugais, de bien connaître Rio de Janeiro, ses favelas et leur ambiance de samba-football-churrasco (barbecue), ses plages, mais aussi ses problèmes de circulation et ses grosses averses.
Je passe les six premiers mois de cette année universitaire à Porto, au Portugal, en Erasmus. J’y découvre l’immense plaisir de vivre à l’étranger. Complètement différent du voyage pour le voyage, mais tout aussi addictif…
Tous ces voyages sont un immense enseignement, comme l’écrivait Alvaro Siza, « Le meilleur apprentissage pour un architecte, c’est de voyager, de voir des choses directement » (Dominique Machabert et Laurent Beaudouin, Une question de Mesure : Entretiens avec Alvaro Siza, 2008, Le Moniteur, Paris). Ils façonnent ma culture de l’espace, m’ouvrent à d’autres conceptions de l’architecture et de la ville.
Bref, le voyage est une merveille.

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