Yann Datessen

Yann Datessen

Auteur publié dans Numéro 52

Né en 1977 à Saint-Étienne, je vis et travaille à Paris depuis vingt ans. Sans diplôme, ni formation, je cumule les petits boulots de manutention jusqu’à la trentaine. Dévoré depuis l’enfance par la nécessité de faire des images, je produis dessins, peintures, photos et vidéos longtemps dans mon coin ; j’apprends le métier de photographe sur le tard, en autodidacte, et ne montre mes séries que récemment. Hasard ou ruse de la vie, en 2012, l’université Paris-Sorbonne me demande de monter un atelier photographique pour ses étudiants, j’en profite pour lancer un média en ligne consacré à la photographie émergente appelé Cleptafire. Ainsi, depuis une dizaine d’années, je partage mon temps entre création, curation et enseignement, j’interviens aujourd’hui à Paris 1, Paris 3, Paris 4, Science Po Paris.

Plutôt plasticienne, ma pratique s’oriente vers des réflexions liées au format de l’image et tente de développer une grammaire centrée sur le polyptique et ce que l’association d’images permet comme nouvelles formes. Me sentant proche de la démarche Land-Artist, j’élabore également la plupart de mes projets avec l’ambition de les présenter en extérieur et de façon éphémère. Ainsi en 2015 j’installe ma série « le Léthé » tout le long du canal de l’Ourcq à Paris, les images sur les écluses, les ponts, les berges.

En 2020, je relie artisanalement ma série « l’Achéron » à 100 exemplaires, livre étanchéifié et jeté dans les plus grands fleuves européens pour laisser le courant les engloutir ou les faire échouer au hasard des berges et des rencontres. En parallèle de ces expériences plastiques, je réalise des documentaires dont les sujets interrogent différentes figures de la marginalité. En 2014 par exemple je vis 5 mois dans la ville libre de Christiania à Copenhague et portraiture sa communauté libertaire. De 2016 à 2020, je pars sur les traces d’Arthur Rimbaud à travers le monde.