Cuba : toute une histoire

Lapin
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cuba
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Bouts du monde n°3115 
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Carnet de voyage Cuba

Lapin aime dessiner les bagnoles. Il est arrivé à La Havane en février 2014, soit l’an 56 de la Révolution, ravi de constater que les vieilles américaines n’étaient pas seulement la représentation pittoresque qu’il se faisait de Cuba. Ici, l’histoire transpire par tous les pores de la peau des Cubains.

– EXTRAIT –

Le 18 décembre 2013, le quotidien officiel cubain Granma annonce l’autorisation de l’importation de véhicules à Cuba, après cinquante ans d’interdiction et d’embargo : l’un des signes d’une lente ouverture du régime communiste. Par hasard, c’est le jour que je choisis pour le lancement de mon livre Oldies But Goldies, une compilation d’illustrations de vieilles bagnoles, glanées au fil de mes voyages.

Il n’en faut pas plus pour me décider à me rendre à Cuba, afin de témoigner de cette machine à voyager dans le temps, où circulent les vieilles américaines trafiquées au milieu de vestiges d’architecture coloniale et art déco.

Je croque durant trois semaines les visages, les rues, et le quotidien de La Havane et de Trinidad, et raconte cet ailleurs en autarcie, dont le charme réside dans la dérision et le fatalisme des Cubains.

J’hallucine à la vue du spectacle sur « Linea », l’une des avenues les plus passantes de La Havane : un défilé de vieilles bagnoles des années 50, déglinguées et bruyantes ; des Chevrolet, Buick, Ford, Mercury, Cadillac… J’avais toujours cru que la carte postale de Cuba, « palmiers et vieilles américaines », était un cliché pittoresque pour attirer le touriste, se limitant à de rares voitures de collection garées devant les hôtels, mais c’est toute la ville qui ronronne au bruit de ces antiquités.

(…)

On descend au pied du Capitole, réplique du Capitole américain, et c’est la découverte de La Havane coloniale. Gwladys me montre tour à tour la calle Brasil, la plaza Vieja, la plaza de San Francisco de Asís, la plaza de las Armas, avant de rejoindre son boulot. Je suis déboussolé. J’ai besoin de prendre la température, de me familiariser avec l’ambiance, les couleurs, l’accent des Caraïbes. Trop de stimuli et seulement mes pages de carnet et quelques crayons pour figer mes sensations. Je perds pied et ne sais pas par quoi commencer.

En passant devant le musée de la Révolution, je lis « Donde esta toda la historia » (où se trouve toute l’histoire). Ça doit être une bonne entrée en matière, puisque la Révolution c’est le moment où Cuba est entré dans l’Histoire !

Trois semaines durant, j’ai erré à La Havane puis à Trinidad, rencontrant les Cubains et saisissant leur quotidien. J’ai tenté de comprendre les conséquences de l’embargo, la pénurie de denrées de base sur les marchés, la double monnaie. J’ai visité le salon international du livre et parcouru le Malecón. J’ai vibré au son des concerts de salsa et dans les clubs de jazz. J’ai dessiné les Orishas, les saints de la Santeria, la religion afro-cubaine. J’ai rencontré les contemporains de la Révolution me récitant des poèmes de José Martí et les jeunes Cubains rêvant d’Occident…

Toutes les illustrations de Lapin sur Cuba sont à découvrir dans Bouts du monde n°31.

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