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Bouts du monde n°3115 
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Carnet de voyage Cuba

Un lien charnel relie Philippe Bessoles à Cuba. C’est d’ici que viennent ses ancêtres. Parti à la recherche de ses origines, il s’est assis au bar du Floridita à La Havane, à deux doigts d’entamer la conversation avec Ernest Hemignway, dont la silhouette est pétrifiée au bout du comptoir. Comme toute une île qui s’est endormie dans les années cinquante.

-EXTRAIT- 

La calle Obispo est une atmosphère qui rassemble le Cuba ancien et moderne. Elle doit son nom à l’évêque de La Havane qui habitait à l’angle de la calle Oficios. Elle bruisse de toutes les musicalités du peuple cubain. Les mélodies s’échappent des bistrots où se produisent des musiciens. Le rythme salsa enveloppe le petit marché d’Artesania, la devanture de la superbe Drogueria Johnson avec ses bancs d’acajou et ses jarres médicinales ou encore la Farmacia Taquechel avec ses imposants rayonnages en acajou massif où s’alignent, dans un concert de céramique, les pots d’apothicaires.

S’étendant de la Plaza de Armas à proximité du Canal de Entrada jusqu’au cœur de ville d’El Floridita, la rue Obispo est un mélange de Compay Segondo (musicien cubain), de Buena Vista Social Club (film de Win Wenders), de salsa, de trova (musique interprétée à la guitare), de son (jeu de questions/réponses chanté accompagné de guitare et de percussions), de danzon (musique au piano, flûte et violon), de cha-cha-chà, de rumba, de guajira véritable fierté nationale. Les charangas, trios orchestral, intègrent des musicalités syncopées au rythme africain. Sans cacophonie, la flûte traversière se mêle à la contrebasse et au piano.

La calle Obispo est une contradiction permanente des illusions cubaines. Elle est un parfait trompe-l’œil de Cuba.

 

Carnet de voyage de Philippe Bessoles et Marc Déotte, à découvrir dans Bouts du monde n°31

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