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Bouts du monde n°2315 
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Carnet de voyage Bhoutan

Dans le pays qui a inventé le bonheur national brut, il y a un télé-crochet que l’on peut suivre, si besoin, en marchant jusqu’au village d’à côté. Et puis cette année à Thimphu, les hommes portent le gho en bas et le T-shirt en haut, les mollets gainés dans de hautes chaussettes de laine, a observé, songeuse, Hélène Ferrarini. Anecdotique, vraiment ?

Quand on revient d’ailleurs, il y a parfois des portes d’entrée. Quelques spécificités auxquelles le monde extérieur réduit le lieu en question. Une boisson, une chanson, … autant d’idées reçues qui peuvent permettre d’amorcer une discussion.

« Le Bhoutan ? Ah oui, le pays du bonheur… »

Rien que ça… Le royaume est en train de se tailler une part de lion dans l’imaginaire international, ou du moins occidental. Un coup de maître pour ce petit bout d’Himalaya que de s’être dégoté un étendard international de cet acabit. Le bonheur. De quoi échapper un peu à la tenaille géographique des deux mastodontes asiatiques, Inde et Chine ? Mais le bonheur, allez me détricoter ça.

Ça commence avant même Rinchending. Une baraque qui fait office de poste de contrôle des étrangers y marque l’entrée définitive dans le royaume. Par la fenêtre du petit bus propret qui m’amène à Thimphu, je regarde les jambes des hommes. Je n’avais jamais regardé les jambes des hommes avec autant d’attention. En fait, je me demande si j’avais jamais vraiment regardé les jambes des hommes.

Les mollets moulés dans des chaussettes hautes et sombres, ce sont les jambes des hommes bhoutanais portant le gho. L’habit traditionnel a cet intérêt de dévoiler une partie finalement peu explorée du corps humain chez les bonshommes : le mollet. Cette ample robe, ceinte par une ceinture a le bon goût de s’arrêter au niveau du genou. Il paraît que les rois ont le droit de porter le gho plus long. Mais il paraît aussi que, de toute façon, l’hiver, tout le monde tire sur son gho pour gagner quelques centimètres de chaleur.

© Carnet de voyage d’Hélène Ferrarini à lire dans Bouts du monde n°23

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