En passant par le centre du monde
Carnet de voyage - Chine

En passant par le centre du monde

Pendant que la Chine trace les nouvelles routes de la Soie, Lauriane Baillorge et Étienne Rouverand ont choisi de parcourir l’ancienne, au rythme lent des transports terrestres. Sept mois de voyage, depuis Shanghai jusqu’à Venise. Un périple que n’aurait pas renié Marco Polo, à travers le Taklamakan, le Pamir ou la Perse. 

– EXTRAIT –

1er mai 2018, tout juste débarqués de notre vol de Paris, le premier contact avec la Chine s’opère face à un écran. Enregistrement de nos dix empreintes digitales, et d’une photo de notre visage… Nous voici en quelques secondes reliés à un des systèmes de surveillance les plus puissants au monde avant même d’avoir salué un Chinois en chair et en os. Au fur et à mesure de notre progression sur le territoire, nous constatons que d’innombrables caméras envahissent l’espace public, les allées des parcs nationaux, et poussent jusque sur les tableaux de bord des voitures au Tibet ou dans les salles de restaurants de certaines cantines à Kashgar. Les contrôles sont incessants, à l’entrée des grandes gares ferroviaires ou routières, ou du métro, au point de devoir ruser, et détourner l’attention des agents de sécurité postés derrière l’écran de contrôle des rayons x, pour conserver notre sacro-saint couteau suisse, sujet à confiscation. Cette tension s’accentue aux abords des frontières où le nombre important de checkpoints entrave gravement la liberté de circulation. Elle nous poursuivra jusqu’au dernier comptoir de police scellant notre sortie du territoire, ou un ami sud-coréen voyageant avec nous devra présenter l’ensemble de ses photos à un agent de contrôle. Passé la frontière, un militaire kirghize sympathique nous accueille avec un gentil « Bienvenue dans un pays libre » qui en dit long.

Seules les yourtes blanches comme le ciel rappellent la présence de l’homme. Nous sommes donc vite repérés et rejoints par deux jeunes garçons d’à peine 10 ans qui arrivent en trombe sur leur cheval et nous invitent dans leur camp. Nous arrivons à l’heure de la traite des juments

Carnet de voyage d’Étienne Rouverand & Lauriane Baillorge à découvrir dans Numéro 39

à découvrir aussi

Carnet de voyage - Pierre-Martial Cibot à la cité interdite de Pékin

Un aïeul à la Cité interdite

par Laurent Cibot

Ce n’est pas un hasard si Laurent Cibot a effectué une partie de sa carrière professionnelle en Chine. Quand il était enfant, son grand-père lui parla d’un ancêtre, Pierre Martial Cibot qui avait vécu derrière les murs rouges de la Cité interdite à Pékin : Pierre-Martial Cibot, missionnaire jésuite, a vécu vingt ans à la cour…

La poésie des vieilles voitures - Carnet de Valérie Guitter-Orsat

La poésie des vieilles carcasses

par Valérie Guitter-Orsat

Valérie Guitter-Orsat fouille, fouine, déniche. Le plus souvent, cela se passe dans des arrière-cours, dans le fond de vieux hangars ou bien dans des terrains vagues envahis par les ronces. Là, reposent des épaves de vieilles voitures sublimées par la rouille et le temps qui passe. – EXTRAIT –  Mon insatiable curiosité me pousse constamment…