Commander la revue
Bouts du monde n°2715 
S'abonner
Abonnement 1 an60 
Abonnement 2 ans120 

Carnet de voyage États-Unis

Les photos de Théo Gosselin embrassent toute l’Amérique. Celle de « La Fureur de vivre », celle de « Sur la route », celle des westerns. La représentation fantasmée des Etats-Unis et de l’aventure trottaient depuis déjà un moment dans un coin de sa tête. Il a suffi de tracer un itinéraire un peu chaotique. Qu’importent les clichés, tant que ça fait du bien aux yeux.

We drink gasoline ? On me demande souvent pourquoi ce nom… L’essence, ça ne se boit pas trop, à part peut-être en Russie ? We drink gasoline est le nom de ma série de photos commencée en 2012. Je ne suis pas écrivain, j’écris aussi bien avec une pelle… Mais par contre, je prends des photos, beaucoup de photos.

Depuis dix ans, je photographie mes copains, la vie, le ciel, la musique… J’ai tenté pendant des années de recréer les Etats-Unis dans mes images, les USA dont j’étais secrètement amoureux sans même y avoir jamais posé un pied. Et puis en 2009, j’ai pris mes cliques et mes claques et j’ai franchi le cap, j’ai posé mon baluchon pendant un mois sur la côte ouest pour enfin rencontrer cette belle dame qui me faisait tant rêver.

Il y a des moments dans votre vie où vous savez que vous allez rester coincé, comme certains drogués qui restent bloqués dans le cosmos après l’acide de trop. Une sensation étrange, comme une voix dans la tête qui te dit : « Fonce, mon gars, vis ta vie, fais-en ce que tu en veux et bats-toi pour qu’elle soit aussi belle que dans tes rêves les plus fous ».

Moi, je suis resté coincé sur la route, non pas au sens littéral du terme, je ne passe pas ma vie sur la chaussée à compter les voitures, non. Je suis resté coincé dans une aventure permanente où la vie est un voyage ultime, en quête d’amis du bout du monde et une soif de kilomètres à parcourir. Juste comme ça, pour voir du pays, la fenêtre ouverte et le vent chaud dans la tronche avec les copains ou l’amoureuse… La musique à fond et une bière fraîche entre les jambes. Faire des photos, vivre, se sentir vivant…

We drink gasoline… c’est ça, juste ça, des copains que j’aime plus que des frères, des dizaines de miles avalés depuis six ans, des nuits endiablées dont je ne me rappelle que des flashes. We drink gasoline, c’est nourrir le moteur de nos véhicules pourris avec de l’essence bon marché et boire une bouteille de bourbon, le cul dans la rivière.

© Carnet de voyage et portfolio de Théo Gosselin à découvrir dans Bouts du monde n°27