Glace fragile sur la Chadar

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Népal
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Bouts du monde n°4015 
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Carnet de voyage Népal

Cela fait déjà près de dix années que, chaque été, je pars dans la vallée du Zanskar. Par la sonorité de son nom et par le seul fait de le prononcer, l’appel au voyage s’opère. D’année en année, des liens se créent et se renforcent même. Ne plus m’y rendre me paraît désormais inconcevable.

À l’extrême nord de l’Inde, coincée au cœur de la chaîne himalayenne, la vallée du Zanskar s’ouvre lentement. L’été, la route depuis le Cachemire ou le Ladakh, via la ville de Kargil, n’est plus la seule voie d’accès.

Padum, village principal du Zanskar, est désormais accessible par une chaotique piste carrossable depuis Darcha, le Shingu La (5 091mètres) et le village de Purné. Cette route modifiera inéluctablement le mode de vie des Zanskarpas qui s’interrogent sur les changements à venir, déjà bien visibles.

Malgré cela, le Zanskar reste coupé du monde durant sept longs mois d’hiver. Dès la chute des premières neiges, les routes deviennent impraticables.

La seule possibilité de sortir de la vallée ou de s’y rendre, est d’emprunter la légendaire rivière gelée : la Chadar. Au cœur de l’hiver, de mi-janvier à fin février, quand la rivière Zanskar est prise par les glaces, une fenêtre vers l’extérieur s’ouvre alors pour les Zanskarpas.

Aujourd’hui, la route qui se construit le long de cette rivière et qui permettra de rejoindre Leh en voiture, réduit sérieusement le temps de parcours à pied sur la Chadar. Il y a seulement quelques années de cela, il fallait marcher des journées entières de Padum à Leh. Actuellement, le parcours est réduit à trois jours de marche, selon l’état de la glace. La Chadar, j’en rêvais. Et plus encore depuis mes derniers séjours au Zanskar.

Mes amis, là bas, me répétaient souvent : « Viens en hiver. La vie est différente. On se retrouve entre nous. On prend le temps, on prie, on fête et on boit ! ».

Janvier 2019, c’est tout vu, nous partons pour une aventure hivernale, une expédition unique : le Zanskar par la rivière gelée. Mais les choses changent sur cette rivière. Si elle ne constituait qu’une voie de passage pour les seuls Zanskar pas, depuis deux ou trois ans, les agences de voyages indiennes font de la Chadar, un véritable produit touristique.

 

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