Iles Banggaï : les nomades de la mer

Anne
Bécel
/
Indonésie
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Bouts du monde n°2215 
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Les “robinsonnades” d’Anne Bécel l’ont menée, une année durant, d’île en île au large des Célèbes, de la Thaïlande et de la Birmanie. À bord de sa pirogue, elle a rencontré les nomades de la mer, derniers peuples à connaître les secrets d’une vie sur l’océan, bien plus menacés par des ONG que des tsunamis.

Quand bien même la Terre serait ronde, elle n’en cache pas moins des bouts du monde que les voyageurs s’échinent à dénicher. J’en tiens un bon. Aucune route n’y mène. Pas plus de pistes. Il faut, pour le rejoindre, emprunter la voie des mers. En Indonésie, au large de l’île de Sulawesi – connue sous le nom français de Célèbes – un cortège d’une soixante-dizaine d’îles échappe encore à toute convoitise touristique.

Sous un ciel souvent gris, des villages y poussent à toute allure, sur du béton, de la terre, des pilotis, ou des remblais de coraux, au-dessus d’une mer verte, au-devant d’une forêt tout aussi verte, hirsute, et pourtant repiquée. Des plants de café, des tripotées de cocotiers, des girofliers immenses, efflorescents, s’enfoncent encore parmi des arbres à durian secouant leurs clochettes dans la brise marine. Au large, quelques perles de beauté. Et un village entier qui jette l’ancre en pleine mer… À mesure que l’on progresse vers le sud des Banggaï, s’éloignant de la côte des Célèbes, les îles se font de plus en plus petites, semblant se détacher de la terre en particules toujours plus fines. Passé les derniers îlots, plus que des confettis, jusqu’à ce minuscule village sur pilotis, Mandibulu, planté à même un récif corallien égaré, en équilibre au-dessus de l’eau, sur de fines jambes de bois, tanguant à marée haute, puis encore à marée basse. Une oasis sur l’horizon désertique de bambous, suspendues entre ciel et mer.

Carnet de voyage d’Anne Bécel à découvrir dans le Bouts du monde n° 22.

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