Carnet de voyage - Chine

Macadam Wuhan

Carnet de voyage. Anna Otz aime les villes à l’évidence. En Chine, l’étudiante en architecture a eu tout le loisir d’observer ses mutations, souvent pour le pire, où les rues avaient perdu leur fonction, où la notion d’espace avait perdu son sens. Pendant sept mois, à Wuhan, elle a su pousser les portes des lifens, et en dessinait méticuleusement les plans, pour se rassurer et voir que les poumons de ces centres urbains démesurés respiraient toujours.

– EXTRAIT –

Déjà un mois que je suis arrivée. Je m’attendais à une ville faite de buildings, et je m’attendais à être perdue dans son immensité ; mais j’ai rarement eu cette sensation de ne pas savoir où me situer, cette sensation que la ville est trop grande pour être parcourue.

Wuhan est formée de trois villes et l’unique carte que je possède est à une échelle trop importante pour y voir clairement mon quartier. Pourtant, les limites de la ville n’y sont pas visibles. Wuhan et ses cinq millions d’habitants forment la 8e ville de Chine la plus peuplée. Je repense à Washington DC, où les quartiers semblaient déconnectés les uns des autres comme autant de villes différentes, et où j’avais également cette sensation de ne pas comprendre la ville.

Pourtant à Pékin, en me repérant avec le métro et en visitant ainsi différentes zones, j’ai davantage appris à connaître la ville en une semaine. Aller en taxi d’un point à un autre ne permet pas de faire de connections, l’itinéraire n’est pas matérialisé ; et tant de rues se ressemblent, toute cette ville qui défile n’a pas de sens tant qu’on n’y a pas de repères.

 

Carnet de voyage d’Anna Otz, à découvrir dans Numéro 18.

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