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Bouts du monde n°2515 
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Carnet de voyage Nigeria

L’odeur du fioul a presque imprégné les habits de Vincent Henry et Emmanuel Prost qui ont parcouru, fin 2013, la mangrove souillée cinq ans plus tôt par la fuite d’un oléoduc dans le delta du Niger, près de Port Harcourt

– EXTRAIT –

Jeudi 6 décembre. A Bodo, en pays Ogoni, le littoral est mazouté jusqu’à 10 mètres de profondeur par les fuites intervenues en 2008 et 2009 sur un oléoduc de Shell Nigeria. L’odeur de fioul est omniprésente, nauséabonde.

A notre arrivée, nous nous sommes rendus chez le « régent » (qui remplace le roi récemment décédé) puis au devant du « Conseil des chefs et des anciens » afin qu’ils donnent leur accord à notre venue à Bodo. Toute la journée, nous avons été accompagnés par Pastor Christian qui avait préparé notre venue.

En 2005, il avait créé une ferme piscicole qui employait dix personnes… Il a tout perdu dès la première journée de marée noire.

Nous nous sommes rendus sur les rives du fleuve où le pétrole imprègne tout. Pour ce village d’environ 100 000 personnes, qui vivait de pêche et de culture, cela signifie la perte de l’essentiel de leurs moyens de subsistance…

La communauté est depuis des années en procès contre Shell. Ne croyant pas à la possibilité d’obtenir justice devant un tribunal nigérian, ils ont choisi, avec le soutien d’Amnesty International, de porter l’affaire devant la Cour de Londres. Des négociations ont lieu en parallèle avec Shell mais l’offre de la multinationale a été refusée par la Communauté de Bodo.

Elle représentait moins de 1 000 euros par habitant. (Shell a depuis été condamné en mai à verser 70 millions à la communauté de Bodo, dont 50 pour indemniser 15 600 particuliers, NDLR).

© Carnet de voyage de Vincent Henry et Emmanuel Prost à découvrir dans Bouts du monde n°25

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