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Bouts du monde n°3515 
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Carnet de voyage Japon

Charlotte Kende a accepté de ne rien comprendre au Japon, où l’exubérance des villes tranche avec la retenue de ses habitants, où il faut s’aventurer à l’intérieur des bars ou des restaurants pour voir Tokyo lâcher prise.

– EXTRAIT –

Le Japon n’est pas un pays qui m’attirait. J’en avais peu d’images. Seulement celles des films de Kurusawa ou de Miyazaki, onirisme et visions de temps lointains, d’une société, il me semblait, depuis bien longtemps révolue, une époque passée aux accents traditionnels exacerbés. Des villes, j’attendais une modernité grandiose, une débauche de technologie déplacée, mélangée à une propreté et un calme angoissants. Moi qui aime le bazar, la promiscuité et les surprises des villes mal rangées… Et puis j’ai été entièrement conquise.

Les villes japonaises sont compliquées. L’apparente simplicité qu’on y perçoit au début, dûe à la modestie des architectures et à la quiétude qui y règne, n’est qu’une façade. Ces villes abritent en fait toute la complexité de la culture japonaise : mélange de modernité avant-gardiste et de traditions ancestrales et immortelles, de politesse excessive et d’impudence surprenante. La ville et la vie nippones sont construites sur ces ambiguïtés qui se déclinent à travers les constructions, les ambiances, les comportements, jusque dans les moindres détails… Comme si une nation entière cultivait la double personnalité.

Parler de villes complexes est complexe ! Pour les raconter, le mieux est de dessiner. Tokyo est un agglomérat de villages. Encore plus que dans d’autres capitales, les quartiers se distinguent les uns des autres. Marcher à travers Tokyo est comme marcher à travers une multitude de petites villes avec chacune son organisation, son ambiance, son architecture et son mode de vie.

Carnet de voyage de Charlotte Kende à découvrir dans Bouts du monde 35