Vagabondage en Asturies
Regardons une carte de l’Europe : les Asturies, dans le Nord de l’Espagne, font face aux vents de l’Atlantique, avec la Bretagne en ligne de mire de l’autre côté du golfe de Gascogne, et la Galice comme voisin. Ici comme dans toutes les marges occidentales du continent, la culture celte est bien présente, ainsi que l’a constaté Philippe Bichon au cours de son vagabondage.
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Tandis qu’une grande partie de l’Europe suffoque sous la canicule, nous prenons la route du Nord de l’Espagne à bord de Caracol, notre Trafic aménagé fraîchement baptisé pour son premier grand voyage. Cette aventure a aussi une saveur particulière : pour la première fois, Nathalie emporte son carnet de voyage et nous découvrons le bonheur de croquer en duo. Direction les Asturies, région dont les paysages atlantiques, les légendes et les traditions lui valent d’être considérée comme l’une des terres celtiques d’Europe.
Après quelques jours en Cantabrie, une météo capricieuse nous pousse à mettre le cap plus rapidement que prévu vers l’ouest. Dès les premiers kilomètres, le dépaysement est total. Les collines verdoyantes plongent vers l’Atlantique, les villages colorés ponctuent la campagne et l’on se surprend parfois à penser à la Bretagne ou à l’Irlande.
Notre première grande découverte est Cudillero. Blotti au creux d’un amphithéâtre naturel tourné vers la mer, ce petit port de pêche semble avoir été créé pour les aquarellistes. Les maisons colorées escaladent les pentes abruptes au-dessus du port. Malgré l’affluence estivale, quelques ruelles escarpées suffisent pour retrouver le calme.
Chaque soir ou presque, nous trouvons une halte dominant la mer. Les soirées s’écoulent au rythme des vagues. La guitare accompagne souvent les derniers rayons du jour et nos chansons se mêlent au ressac avant que la nuit n’engloutisse peu à peu les falaises…
Quelques kilomètres plus loin, nous trouvons l’un de ces bivouacs qui donnent au voyage en fourgon toute sa saveur. Au Cabo Vidio, une place semble nous attendre face à l’océan. Les falaises plongent près de cent mètres dans une mer où l’écume dessine d’incessantes dentelles blanches. Le dîner se déroule devant ce décor grandiose tandis que le soleil décline derrière les nuages. Les Asturies se révèlent rapidement comme un paradis pour le voyage itinérant. Chaque soir ou presque, nous trouvons une halte dominant la mer. Les soirées s’écoulent au rythme des vagues. La guitare accompagne souvent les derniers rayons du jour et nos chansons se mêlent au ressac avant que la nuit n’engloutisse peu à peu les falaises… Les petits-déjeuners prennent alors une saveur particulière face à l’immensité de l’Atlantique.
Au réveil, quelques minutes suffisent souvent pour rejoindre une plage presque déserte. Commencer la journée par une baignade dans la mer Cantabrique avant de reprendre la route devient rapidement une habitude dont il est difficile de se lasser. Cette liberté est sans doute ce que nous apprécions le plus. Rien n’est réellement figé. Une envie de baignade, un détour suggéré par une rencontre ou un changement de météo suffisent à modifier le programme du jour.
La Playa del Silencio nous laisse littéralement sans voix. Protégée par d’imposantes falaises ocre et des récifs déchiquetés, la plage dessine un vaste croissant de sable gris et de galets. Sous un ciel chargé, la beauté presque irréelle du paysage prend une dimension dramatique, composant un sujet idéal. Un long escalier permet d’atteindre la plage où une forte odeur d’algues nous saisit. Nous nous installons pour réaliser une aquarelle. Je m’aventure ensuite jusqu’à une petite grotte au bord de l’eau pour dessiner un rocher acéré. Lorsque le soleil perce enfin la couche nuageuse, les falaises s’embrasent de teintes dorées. Je profite du magnifique coucher de soleil sans trop m’attarder : la marée monte et l’abri sera bientôt immergé !
En poursuivant notre route vers l’ouest, les villages de l’intérieur nous révèlent peu à peu l’identité profonde des Asturies. Au détour des routes apparaissent partout d’étonnantes constructions de bois posées sur des piliers de pierre : les hórreos. On les rencontre dans chaque village, isolés dans les prés ou regroupés près des maisons. Ici, on dit qu’un village sans hórreo est comme un jardin sans fleurs. Élevés au-dessus du sol pour protéger les récoltes de l’humidité et des rongeurs, ils sont devenus l’un des symboles les plus attachants de la région.
Carnet de voyage en Espagne de Philippe Bichon à découvrir dans le Bouts du monde 67
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