Thomas Santini
Né en 1971 à Boulogne-Billancourt, Thomas Santini passe une partie de son enfance à Alger, où les vacances sont l’occasion de camper dans le désert. De retour en France, il grandit à Rodez, puis part étudier les sciences économiques à Toulouse.
Au début des années 1990, il voyage en auto-stop en Europe de l’Est, dort sous la tente par –10 °C, traverse des frontières clandestinement et partage des moments de vie avec des personnes confrontées à une grande précarité. Des expériences extrêmes, entre rencontres enthousiasmantes et misère sociale, qui le marquent durablement. Il vit ensuite à Nîmes, où il pratique assidûment la spéléologie, puis à Marseille et à Toulouse, où il milite contre les expulsions d’étrangers.
En 1997, il médiatise son procès pour insoumission au service national en menant plusieurs actions spectaculaires, perché dans les arbres puis installé sur un radeau au milieu de la Garonne. L’année suivante, il part six mois en Inde et au Népal avec Nathalie. Ensemble, ils tiennent un carnet quotidien de leur voyage, d’abord pour garder une trace de leurs journées, sans ambition littéraire particulière.
En 2000, avec Nathalie et leur fille Cléo, il aménage sommairement un Ford Transit qui devient leur deuxième maison pendant les vacances. Ils sillonnent la France, l’Europe et les environs de Toulouse. Après avoir travaillé comme moniteur de spéléologie et directeur de centre de vacances, Thomas devient régisseur dans un musée d’art contemporain à Toulouse.
En 2008 et 2009, alors que Nathalie est gravement malade, ils entreprennent avec Cléo, âgée de huit ans, un long voyage à travers l’Asie, l’Océanie et l’Amérique du Sud. Japon, Chine, Kirghizistan, Vietnam, Nouvelle-Zélande, Polynésie, île de Pâques, Chili, Bolivie, Pérou et Brésil : ils privilégient autant que possible les transports collectifs locaux. Leurs carnets consignent, jour après jour, les étapes de cette traversée du monde.
En 2011, Thomas entame une activité d’artiste plasticien et expose régulièrement depuis. Il continue aussi à voyager, parfois seul, parfois avec sa fille, au gré de séjours plus courts en Islande, en Algérie, en Turquie, au Kirghizistan, en Géorgie, en Azerbaïdjan, en Iran ou en Jordanie.
Pendant le confinement de 2020, la lecture de La Vie mode d’emploi de Georges Perec devient pour lui l’un de ses plus beaux voyages. Après le décès de Nathalie, en janvier 2023, il peut à nouveau envisager de longues échappées. En janvier 2025, il quitte son travail et part pour quatre mois en Asie centrale.
Un mois plus tard, en cherchant des informations sur la suite de son périple, il lit de nombreux récits de voyage sur des forums. Agacé par leur forme, il décide de raconter à son tour sa progression à travers l’Asie centrale. Une nouvelle aventure commence, cette fois avec l’envie de partager ses découvertes au fil du chemin