Jérémie Bonamant - Essaouira - Bouts du monde copie
Carnet de voyage au Maroc

Embruns, souks et vieilles ruelles

Sur les carnets de voyage de Jérémie Bonamant, des mots en arabe, écrits par ceux qu’il a rencontrés au Maroc, le pays de son père, de ses grands-parents émigrés en France après l’indépendance des années soixante. Sur la terre de ses ancêtres, il découvre une culture qui lui est autant étrangère que familière. Au fil de ses pérégrinations, il s’éprend de trois sœurs : Essaouira, Marrakech et Chefchaouen. Trois cités, trois forteresses, trois tempéraments.

EXTRAIT :

Une fois sur le port, les prières et les sons du muezzin qui rythment le cœur de la médina laissent place aux cris des mouettes et des cormorans. Ils filent en bandes au-dessus des bateaux de pêche dont les chaluts regorgent de sardines. Les poissons et fruits de mer, toujours si variés, sont nettoyés à même le sol par des pêcheurs. Les pieds trempent dans les flaques d’un mélange d’eau sale et d’abats qui couvrent l’asphalte. Quand la houle venait à les surprendre, les barcassiers se réfugiaient en haute mer. Ils restaient là, le temps que la tempête s’apaise. En attendant, la ville retenait son souffle.

Il y a dans le chantier naval de Sqala des rêves de pirates. Je pointe vers la mer mon crayon comme un canon vers l’horizon. Combien de drames, de bateaux submergés et de maris emportés ont été volés par la mer ? Avec un peu d’observation, on remarque qu’Essaouira est surveillée par les mouettes et habitée par les chats. Les premières, drones infatigables, repèrent le moindre éclat de chair et sont concentrées sur leur quartier général : le port de pêche. C’est aussi là que l’on rencontre les seconds, et pour cause. Le chat n’oublie pas qu’il est né pour être gourmand. Alors il attend le retour des bateaux revenant chargés de sardines. Au soleil, à l’abri du vent, il déguste, joue, s’endort.
Pourquoi ferait-il autre chose ? J’ai rencontré un chat à Marrakech qui préparait son voyage pour Essaouira. Sa tête était dans le ciel et ses yeux brillaient d’une lumière de rêve.

Carnet de voyage de Jérémie Bonamant à découvrir dans Bouts du monde 46

à découvrir aussi

Nicolas Roux - Afrique du Sud - Bouts du monde

Vers l’origine

par Nicolas Roux

Les animaux du « big five » s’affichent sur les billets de banque d’Afrique du Sud, histoire de rappeler qu’il faudrait se soucier du sort des lions, éléphants, buffles, rhinocéros et autres léopards. Pour le plus grand bonheur du dessinateur Nicolas Roux, subjugué à jamais par la majesté de cette nature sauvage avec laquelle s’est tissé un…

Isolde Devalière - Rwanda - Bouts du monde

Dissiper la brume

par Isolde Devalière

Il faut lire les récits de voyageurs, dont celui d’Isolde Devalière, pour chasser les fantômes qui habitent le Rwanda, abandonné aux livres d’Histoire depuis 1994. EXTRAIT : Sur les routes, dans les champs, sur les chantiers, les travailleurs s’activent comme des fourmis. Ils pédalent, marchent, et marchent encore. Les plus téméraires à pied, en tongs, les plus…