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Carnet de voyage - Éthiopie

Éthiopie : histoire d’eau, histoire d’elles.

Vitale. Monnayable. Nécessaire. Rentable. Accessible. Livrable… un vrai casse-tête pour qui veut classer l’eau dans une catégorie (en règle générale celle qui lui convient le mieux). Pour ces femmes, la question ne se pose pas.

L’Afrique se divise en deux clans, ceux qui vont chercher de l’eau et les autres. Quand il est dit « ceux », il faut sous-entendre celles, car les femmes composent la grande majorité des porteurs et pourvoyeurs d’eau. Le transport de l’eau peut malgré tout être assuré par la gent masculine, mais la rémunération en est souvent la seule motivation.

Le bidon, de nos jours coloré, est le principal récipient utilisé. Le jaune prédomine en Afrique de l’Est. Ce qui le rend visible à des kilomètres lorsque l’arrivée des périodes chaudes dénude la terre et oblige à parcourir de grandes distances.

Une image me revient en mémoire. Dans le petit village de Deli, au nord de la Tékézé en Ethiopie, une vieille dame m’a offert de son eau qu’elle était parvenue à récupérer dans l’anfractuosité de la roche après de longs efforts. Elle m’a proposé ce précieux liquide avec un grand sourire, me précisant que cette eau était uniquement pour boire et rien d’autre. A cet instant, l’eau a pris, à mes yeux, toute sa valeur.

© Carnet de voyage de Laurent Boiveau à lire dans Bouts du monde n°22.

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