Saudade Carnet de voyage Bresil
Carnet de voyage - Brésil

Saudade

Le sac à dos que Lydiane Ferreri a ramené du Brésil était un peu plus lourd qu’à l’aller. Elle y avait glissé, entre ses boîtes d’aquarelles, quelques grammes de saudade, une douce tristesse typiquement brésilienne qui oblige celui qui en est atteint à retourner là-bas.

Je suis partie au Brésil comme on tombe amoureux : “sans faire exprès”. J’avais bâtis méthodiquement mon petit sac à dos : à l’intérieur, trois fois rien, un carnet, quelques stylos et une boite d’aquarelles. Un jour de juin 2007, je me suis envolée pour trois mois au Brésil. Le temps d’assouvir un besoin viscéral de voyager : partir loin, errer, se détacher de tout, se sentir libre… vivante. Ma route se dessina le long de la côte nord-est, de Salvador da Bahia à Jericoacoara.

Je suis envoûtée dès les premiers pas dans ses ruelles poussiéreuses : son passé colonial, ses murs lézardés comme d’autant de rides de lumière, la nature reprenant ses droits sur l’architecture, ses personnages tout droit sortis des romans de Jorge Amado, ses innombrables églises, ses rires, ses larmes, sa musique, son chant, ses danses, une joie immense…

J’avais poussé la porte du Brésil et j’allais bientôt découvrir le sens du mot saudade : ce sentiment difficile à traduire oscillant entre la nostalgie, le manque et l’absence. À mon départ, ce pays me laissa cette douce tristesse au fond du cœur, ce chamboulement propre aux brésiliens.

J’ignorai encore quand et pourquoi, mais quelque chose me disait que je retournerai au Brésil. 2008, 2011, je rassemble à nouveau l’essentiel pour découvrir de nouvelles régions.

Carnet de voyage de Lydiane Ferreri à découvrir dans Numéro 14 – NUMÉRO ÉPUISÉ.

 

 

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