Indiens Jivaros - Frère Omidvar - Bouts du monde - Amazonie
Carnet de voyage - Brésil

Au coeur du territoire des terrifiants Indiens Jivaros

Au début des années cinquante, Issa et Abdullah Omidvar quittent Téhéran pour un fabuleux voyage de dix ans autour du monde. En mars 1959, ils préparent avec soin leur expédition au cœur de l’Amazonie. Accompagnés de quatre guides et porteurs, ils viennent de passer plusieurs semaines à observer les Yaguas. Ils se dirigent maintenant en canoës vers le territoire des terrifiants Jivaros.

Après une semaine de navigation, nous avons atteint la rivière Makumo. D’après le plan, il ne restait plus que deux jours avant d’arriver sur le territoire des Jivaros. La rivière elle-même est extrêmement étroite, et toute avancée compliquée. Les lianes gigantesques parfois à fleur d’eau, nous empêchent de prendre de la vitesse. Nous avons arrêté le moteur et nous nous sommes remis à pagayer. A cette vitesse, les insectes ont repris de plus belle leur activité. Nos torses nus se retrouvent lacérés par les branchages et piquetés de morsures de bestioles diverses.

Au bout de deux jours, nous avons enfin atteint un espace moins hostile et dégagé. Le temps de faire accoster nos canoës, la lumière du jour s’était envolée. Jamais je n’avais ressenti à ce point la terreur qui peut accompagner l’arrivée des ténèbres. A quelques pas de notre camp, deux flèches étaient plantées à la manière d’une croix celtique. Oui, nous étions bien maintenant dans le sanctuaire des Jivaros. Quel choc. Je prenais conscience que nous étions entrés de plein gré dans un piège. Nous étions d’ailleurs peut-être déjà entourés par les sanguinaires Jivaros prêts à nous massacrer d’un moment à l’autre.

Pris de panique

Méthodiquement, nous avons continué à décharger les embarcations et à installer notre campement. L’un des guides s’est mis à allumer un grand feu pour faire du thé. Pris de panique, Abdullah n’a pas pu s’empêcher de crier. Le feu était le meilleur moyen d’avertir les Jivaros de notre arrivée. Le feu étouffé précipitamment, la nuit avait fini de nous entourer. Les minutes s’égrenaient lentement. J’avais la conviction que les Jivaros étaient déjà informés de notre présence. Je me demandais comment tout cela allait se terminer. Le temps passait, lourd. La fatigue usait notre vigilance. Nous nous sommes installés dans nos hamacs. Le mieux était de dormir jusqu’au petit matin.

Carnet de voyage d’Issa et Abdulah Omidvar à découvrir dans Numéro 36

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