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Bouts du monde n°2815 
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Carnet de voyage Argentine

Carnet de voyage. De loin Gauchito Gil ressemble un peu à une star du rock. En fait, c’était peut-être un déserteur qui a fini pendu à un caroubier avant de devenir saint. Un peu païen, un peu voleur, mais quand même. La première fois qu’Olivia Pierrugues en a entendu parler, elle roulait vers le sud de l’Argentine. Tout au long de la route, il y avait de petits autels en bois. Rouges. Il y a un sanctuaire près d’un carrefour, à huit kilomètres de Mercedes. Mais il faut du temps pour s’en approcher. 

– EXTRAIT –

L’été suit et lors d’un voyage vers le sud  tu remarques la présence continue de petits autels rouges le long de la route. Tu obliges l’arrêt de la voiture à chaque apparition, visites les petits sanctuaires en bois ou en pierre abritant la statuette de ce saint nouveau pour toi. On te dit qu’il est de mise de toujours y laisser quelque chose, une cigarette, une bouteille de vin, quelque chose de rouge.

Ainsi on s’assure du bon déroulement du voyage. Car le Gauchito Gil est ce qu’on appelle un « santo rutero » ; en plus de répondre aux maux des fidèles, il protège le voyageur et fonctionne sur l’échange, celui de la promesse contre le soutien, de la promesse contre le miracle. La prière qui lui est dédiée et que l’on trouve au dos de son image insiste, « Te prometo que cumpliré mi promesa », la promesse de tenir sa promesse. L’obsession commence, accompagne. Un mois plus tard, sur la route du nord cette fois, d’autres autels encore, sur le chemin vers Humahuaca, sur la descente du Cerrito San Bernardo à Salta. Ce n’est qu’en revenant à la capitale la première fois que l’on commence à lui appartenir.

 

Carnet de voyage d’Olivia Pierrugues, à découvrir dans Bouts du monde n°28