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Bouts du monde n°3515 
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Pourquoi viendrait-on visiter Songdo, cité futuriste ? Ce qui fait le charme des villes ne semble pas exister ici. Sécurité et hyperconnexion ont tracé le plan de la ville qui a donné à la photographe Stéphanie Buret le sentiment de voyager en utopie.

– EXTRAIT –

Une atmosphère de film d’anticipation plane le long des avenues encore un peu vides, bâties sur des polders gagnés sur les eaux boueuses de la mer Jaune. À soixante kilomètres de Séoul, la ville laboratoire de la vie ultraconnectée de Songdo est le terrain de jeu et d’expérimentations du groupe Cisco qui a entamé sa construction en 2003 et la terminera en 2022. Cette première grande ville intelligente a maintenant ses petites sœurs en chantier un peu partout dans le monde (Astana, Masdar). Reliée par un spectaculaire viaduc à l’aéroport international d’Incheon, Songdo doit être un aérotropolis, contraction d’aéroport et de métropolis, attirant les QG régionaux des multinationales dans une « ville idéale » inspirée de Sydney, New York ou Venise. Vitrine futuriste de la Corée du Sud, la ville a raflé le Fonds de l’ONU pour le climat au détriment de Genève.

Estimée à trente-cinq milliards de dollars, cette  « Smart City » représente un exemple de ce que pourrait être la ville du futur. Elle incarne notre intérêt croissant pour les nouvelles technologies et leur impact sur la vie quotidienne dans un souci pratique comme écologique. Mais elle symbolise aussi cette dictature invisible du numérique, notre tyrannie du bien-être et l’obsession de la sécurité.

Portfolio de Stéphanie Buret à découvrir dans Bouts du monde 35

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