Carnettiste - Volodia Petropavlovsky - USA - Bouts du monde
Carnet de voyage - États-Unis

Stars & stripes

Road-trip. L’Amérique de Trump habite le long de la route qu’a parcourue Volodia Petropavlovsky, qui ne sait plus trop dans quel ordre classer ses sources d’étonnement : les publicités à la gloire du bon Dieu, les grenades à douze dollars pièce ou l’absurdité de Las Vegas.

– EXTRAIT –

« De Paris ? Damned, vous vous êtes perdus ou quoi ? ». Dans ce motel d’Omaha coincé entre l’échangeur autoroutier et le centre commercial, on s’imaginait, avant même qu’il nous pose la question, la réaction de l’employé d’accueil, plus habitué à parler base-ball avec des gens du coin qu’à lire des passeports décorés « République Française ». De l’avis d’un ami de Chicago, l’Iowa est comme le reste du Midwest : « Ennuyeux. On traverse cette région pour sortir de l’Illinois mais on s’y arrête seulement pour faire le plein ».

Oublié des guides touristiques, le corridor du vide qui s’étend des Grands Lacs au Texas s’est imposé de lui-même au moment de tracer sur une carte les lignes qui nous feraient rallier Chicago à San Francisco en voiture. Au programme, plus de dix mille kilomètres et quatorze États, dont la moitié dans l’Amérique profonde, celle ignorée des métropoles, qui veut renouer avec le « great again » promis par Donald Trump.

Métro aérien, concert de jazz dans le rade d’Al Capone et skyline des années trente : l’impressionnante ville de Chicago et l’idée que l’on pouvait s’en faire ne faisaient qu’un. Et le Midwest ? Un vague cliché nous trottait dans la tête : des plaines, des rednecks, des lignes droites et des ambiances à la True Detective.

Dès les première heures de route, déjà cette sensation grisante de sentir l’asphalte se dérouler à soixante-cinq miles à l’heure sous les pneus, de cruiser des centaines de bornes en se faisant doubler à droite par des soixante-dix tonnes lancés à pleine vitesse et des pick-up V8 crachant leurs trente litres au cent. Pendant les quatre prochaines semaines, il n’y aurait rien devant nous à part la route.

« De Paris ? Damned, vous vous êtes perdus ou quoi ? ». Dans ce motel d’Omaha coincé entre l’échangeur autoroutier et le centre commercial, on s’imaginait, avant même qu’il nous pose la question, la réaction de l’employé d’accueil, plus habitué à parler base-ball avec des gens du coin qu’à lire des passeports décorés « République Française ». De l’avis d’un ami de Chicago, l’Iowa est comme le reste du Midwest : « Ennuyeux. On traverse cette région pour sortir de l’Illinois mais on s’y arrête seulement pour faire le plein ». Oublié des guides touristiques, le corridor du vide qui s’étend des Grands Lacs au Texas s’est imposé de lui-même au moment de tracer sur une carte les lignes qui nous feraient rallier Chicago à San Francisco en voiture. Au programme, plus de dix mille kilomètres et quatorze États, dont la moitié dans l’Amérique profonde, celle ignorée des métropoles, qui veut renouer avec le « great again » promis par Donald Trump.

Métro aérien, concert de jazz dans le rade d’Al Capone et skyline des années trente : l’impressionnante ville de Chicago et l’idée que l’on pouvait s’en faire ne faisaient qu’un. Et le Midwest ? Un vague cliché nous trottait dans la tête : des plaines, des rednecks, des lignes droites et des ambiances à la True Detective. Dès les première heures de route, déjà cette sensation grisante de sentir l’asphalte se dérouler à soixante-cinq miles à l’heure sous les pneus, de cruiser des centaines de bornes en se faisant doubler à droite par des soixante-dix tonnes lancés à pleine vitesse et des pick-up V8 crachant leurs trente litres au cent. Pendant les quatre prochaines semaines, il n’y aurait rien devant nous à part la route.

Lisez la suite du carnet de voyage de Volodia Petropavlovsky et découvrez son portfolio dans Numéro 33.

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