Sonia Privat - Gambie
Carnet de voyage - Gambie

Une visite en voisin

Depuis le temps qu’ils allaient rendre visite à leurs amis au Sénégal, la Gambie voisine, ce petit pays tout en long ramassé autour du fleuve, faisait de l’œil à Sonia Privat et son compagnon Dan. Alors ils ont jeté leurs sacs dans une vieille « merco » et se sont mis en route avec Mustapha et Sonar.

– EXTRAIT – 

La Gambie est aussi rouillée qu’elle est aride, surtout si l’on s’enfonce dans ses terres. Cette terre est de la couleur de la rouille tout comme les protections de fortune et les toits des maisons. La corrosion et la végétation ont envahi les lieux. Notre balade nous mène sur les rives du fleuve où ne subsistent plus qu’une usine de traitement des arachides et de nombreux comptoirs à l’abandon. Une seule belle demeure semble avoir été épargnée, et témoigne d’une splendeur définitivement passée. Les péniches qui assuraient jadis le transport des marchandises finissent tranquillement leur vie à quai, dans un délabrement total.

Le fleuve abrite un peu plus loin des crocodiles et ses berges des animaux sauvages. Nos hôtes ici, sont les vervets, ces curieux petits primates, qui nous singent et d’énormes lézards qui nous regardent du coin de l’œil. Du Sine Saloum jusqu’aux confins de la Gambie, c’est le paradis des ornithologues, avec des hérons de Goliath, des hérons de récif, des choucadors et des gonoleks de Barbarie au ventre rouge, des kalaos, des turquoises Rolliers d’Abyssinie…

Ma tête va exploser, j’ai la gorge sèche, et je grince des dents ! L’étouffante chaleur nous accable et nous oblige à respirer par la bouche, et du coup à avaler un peu de ce sable trop fin qui a depuis longtemps recouvert les rues jadis goudronnées. Si tu n’aimes pas la chaleur, les lieux où il n’y a rien à voir de pittoresque, les cacahuètes, ne viens pas en Gambie ! Je suis fatiguée.

Ma tête va exploser, j’ai la gorge sèche, et je grince des dents ! La plante des pieds en feu et des tongs qui demandent grâce. L’étouffante chaleur nous accable et nous oblige à respirer par la bouche, et du coup à avaler un peu de ce sable trop fin qui a depuis longtemps recouvert les rues jadis goudronnées. Cela me laisse le temps de faire le point : si tu n’aimes pas la chaleur, les lieux où il n’y a rien à voir de pittoresque, les cacahuètes, ne viens pas en Gambie ! Je suis fatiguée.

Par contre si on aime les rencontres… Je m’assois à l’ombre près d’un vieil homme qui me parle avec amour de sa ville. C’est calme et doux. Nous finissons notre petite virée dans le « resto » du coin. Mustapha attend patiemment que je lui offre une cigarette. Il nous couvre de toutes les attentions. Il se prend pour notre papa et appelle Dan le « gosse », car il le fait beaucoup rire et lui fait penser à son fils Sami. Nous parlons de tout et de rien.

À Janjanbureh, il n’y a rien… Enfin trois fois rien… Et c’est déjà beaucoup.

Carnet de voyage de Sonia Privat à découvrir dans Bouts du monde 51

à découvrir aussi

Nicolas Darricau - littoral France - Bray-Dunes - Carnet de voyage

Marcher au bord de la France

par Nicolas Darricau

Nicolas Darricau est parti la fleur au fusil un jour du mois d’août 2021 depuis la mer de Nord. Longer le littoral français de la Belgique à l’Espagne pour l’habitué des courses en montagnes ne serait qu’une promenade de santé. Un doute subsistait quand même à l’heure de s’élancer depuis Bray-Dunes : tous les relevés indiquaient…

Carnet de voyage aux îles Marquises de Stéphanie Ledoux - Sous les tatouages

Îles Marquises : sous les tatouages

par Stéphanie Ledoux

Fascinée par les îles de Polynésie qu’elle a découvertes lorsqu’elle était enfant, Stéphanie Ledoux est revenue regarder de plus près ce qui se cache derrière les tatouages des Marquisiens.  Sur les îles Marquises, elle a vu une culture qui revient de loin, et qui résiste au folklore qui rôde. – EXTRAIT –  Les îles de…