Carnet de voyage - Inde

Vague à l’âme dans le port de Mandvi

Au pied des énormes boutres du port de Mandvi, dans le Gujarat, Christian Frémin a pris conscience que ses photos seraient bientôt le témoignage d’une histoire révolue, noyée par la piraterie de la mer d’Arabie et le déclin de l’industrie navale.

Dans le port de Mandvi, où la Rukmavati river se jette dans la mer d’Arabie, je regarde avec une certaine nostalgie les quelques carcasses de bateaux, agonisant çà et là ou en attente d’une ultime réparation.

Mandvi, charmante petite ville située à l’extrême ouest de l’Inde, a longtemps été un des ports principaux du Gujarat et de l’Inde, commerçant avec les marchands arabes, de l’est africain et d’Asie. Son chantier naval a contribué à la prospérité de la ville pendant près de quatre cents ans.

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Il n’y a pas si longtemps, je m’en souviens encore, le chantier naval était rempli de bateaux. On pouvait en compter jusqu’à une vingtaine en construction en même temps. L’étonnement était de taille, comme ces énormes boutres faits uniquement de bois, sur lesquels des dizaines d’hommes s’activaient.

Je regarde encore les quelques boutres, obstinément. Peut-être pour ne pas oublier ce qui rendait Mandvi fascinant. Je regarde encore les quelques boutres qui semblent surfer sur mon vague à l’âme, inlassablement.

Carnet de voyage de Christian Frémin à découvrir dans Bouts du monde n°29

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