La folle croissance du terminus

Nicolas
Jolivot
/
Chine
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Bouts du monde n°1815 
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Carnet de voyage Chine

Carnet de voyage. Pendant seize jours, le train a mené Nicolas Jolivot de ville en ville, sur 2000 kilomètres de Pékin à Harbin. Le train allait encore plus au nord, à Heihe, ville terminus en pleine croissance, prise par les glaces du fleuve Amour qui marque la frontière entre la Chine et la Russie, à l’extrême nord de la Mandchourie.

– EXTRAIT –

 

Pendant ma promenade au bord du fleuve Amour appelé Heilong (le Dragon Noir) par les Chinois, je ne vois que neige à perte de vue hormis la ligne couleur de rouille de la forêt russe sur l’autre rive. Broyé par le froid, je rejoins tôt cet après-midi le centre ville de Heihe. Les vingt degrés sous zéro ont brisé net mon envie de folâtrer dans la campagne entre les bouleaux. J’aspire maintenant à me réchauffer en mangeant une omelette fumante aux tomates et boire un petit remontant.

La ville approche, elle déroule le long du Dragon Noir sous mes pieds gelés une promenade dallée chaque jour balayée, elle multiplie jusqu’à l’horizon les mêmes rampes de balustrades en grès sculpté, dispose régulièrement une esplanade, une statue allégorique, un panorama sur la banquise, un fier perré sur la berge. Des enfants jouent à cache-cache avec des ours, l’ensemble est une sculpture en bronze grandeur nature.

Carnet de voyage de Nicolas Joliot, à découvrir dans Bouts du monde n°18.