Portes ouvertes sur l’île de Gorée

Sonia
Privat
/
Sénégal
Commander la revue
Bouts du monde n°3215 
S'abonner
Abonnement 1 an60 
Abonnement 2 ans120 

Sonia Privat a poussé quelques portes sur l’île de Gorée pour se rappeler que, derrière une quiétude apparente et des couleurs chaudes, sommeillent l’histoire de l’esclavage et un passé de souffrance.

L’idée, c’était ce rêve déclenché par un vague souvenir, celui d’un livre parcouru lorsque j’étais enfant. Cet endroit magique se trouvait au Sénégal. Dans mon souvenir, la couverture du livre présentait la photo d’une ville au bord du grand fleuve, au moment du soleil couchant. L’ambiance colorée de jaune, d’orange, mêlés à un ciel d’un bleu profond qui s’éteint peu à peu avec le soleil déclinant déclenchait chez moi une de ces émotions qui restent ancrées à tout jamais dans les souvenirs…

Ma première étape fut la douce et calme île de Gorée qui ranima aussitôt le souvenir des couleurs chaudes de la couverture du vieux livre oublié.

À quelques encablures de Dakar (4 km), la chaloupe nous conduit loin de la bouillonnante capitale. Bonne humeur, rires et discussions sont au rendez-vous de la courte traversée. Khadi et ses copines chargées de verroterie partent à l’assaut des touristes désespérés qui ne savent pas comment se débarrasser de ces sangsues qui tentent de gagner quelques milliers de francs pour continuer à vivre décemment.

À la fois énervée par leur empressement à nous « dépouiller » gentiment et curieuse de leurs motivations, j’essaie de discuter avec Khadi qui se présente aux touristes dès l’embarcadère de Dakar sous le nom de « Naomi Campbel ».