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Bouts du monde n°4015 
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Carnet de voyage Népal

La route du Langtang est une piste assez large, dont les bords, parfois effondrés, ont été sommairement comblés pour permettre la circulation. Dans le car, un jeune homme au badge hurle qu’il est officiellement là pour aider une femme qui a perdu tous ses biens lors du séisme…

Dubitatif quant à la destination probable des dons, je lui cède un billet de cent roupies qu’il hisse au-dessus de sa tête en guise d’exemple. Après quelques heures, nous arrivons à Shaprubesi, petite ville alignée sur la route aux constructions modernes peintes de couleurs vives, lieu de départ de nombreux treks dans le Langtang. Je pose mon sac au Bouddha Hotel tenu par une famille tibétaine. Un grand portrait du dalaï lama couronné de fleurs et de représentations de divinités orne les murs du restaurant.

En ville, un 4×4 fait crisser ses pneus sur la piste. Un imposant mannequin d’articles de sport en descend accompagné de son guide. Tout l’attirail flambant neuf, la coupe et l’expression militaire, décidé à confronter quinze kilos de nylon de marque, de plastique et de détranspirant à la sauvage réalité des montagnes.

Au matin, le patron m’indique sommairement la destination du sentier pour Gatlang derrière l’hôtel. Après une nuit glaciale, le soleil commence à chauffer, un villageois me dépasse et disparaît dans les bosquets
d’arbustes…

Arrivée au premier hameau d’où l’on surplombe la vallée de Syapru. Des jeunes femmes sont assises sur le sol et cassent des cailloux tout en bavardant, un enfant est assis sur le muret. Des maisons en reconstruction jouxtent d’autres demeures apparemment intactes. Les massifs de pins et la végétation, encore relativement dense à cette altitude, laissent peu à peu place à des montagnes arides.

Je rencontre un couple d’étudiants népalais venus faire une évaluation sur les besoins des villages qui redescendent à pied à Saprubesi ; ils sont curieux de me voir seul dans cette zone au cœur de l’hiver.

Le vent glacial commence à devenir difficilement supportable, j’empile une à une toutes mes couches de vêtements. Un sentiment de liberté intense, oublié depuis des lustres, me parcourt l’échine

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