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Bouts du monde n°2415 
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Carnet de voyage Tchad

Il survivrait quelques crocodiles au fond de la Guelta d’Archaï, au Tchad. Le souvenir géologique que l’eau a coulé sur le plateau de l’Ennedi dans le Sahara. Au milieu de ce désert minéral, des centaines de dromadaires s’oublient dans une marre incongrue, où le spectacle se répète chaque matin.

– EXTRAIT –

Après un bivouac magique, l’arrivée sur les contreforts de l’Ennedi, qui se dévoilent lentement dans les brumes de chaleur jusqu’à barrer progressivement l’horizon. L’Ennedi, un massif montagneux longtemps resté inaccessible en raison du conflit militaire libyo-tchadien et de guerres civiles récurrentes, et du fait de son éloignement de la capitale N’Djamena, à trois jours de pistes difficiles, mille kilomètres plus au Sud…

Ce soir enfin, après un ravitaillement au petit village de Fada, nous touchons à notre but, la raison d’être de ce voyage, nous bivouaquons à proximité d’un lieu mythique dans toute cette région du Sahara et même au-delà: la Guelta d’Archeï.

Nous nous y sommes aventurés en toute fin de journée avant de monter nos tentes. Au fond d’un large défilé, les parois verticales et vertigineuses éclairées par les derniers rayons du soleil prennent une teinte rougeoyante. L’eau est là, à la fois incongrue et miraculeuse au milieu de ce désert minéral. La Guelta est quasi désertée, le grand show est pour demain matin. Seuls quelques dromadaires clapotent encore dans une eau noire, croupie et nauséabonde, mais à proximité, les chameliers puisent au fond d’un puit circulaire une eau pure et claire. Cette eau, résurgence de sources issues de l’Ennedi, est une bénédiction pour les caravanes qui traversent ce massif depuis la nuit des temps.

Le lendemain matin, à l’aube nous partons assister à un spectacle fabuleux. Un jeune toubou, venu de nulle part, nous accompagne vers le fond d’un défilé en empruntant un chemin raide qui nous élève progressivement sur le plateau de grès, dans un paysage si typique des « forteresses » de l’Ennedi. En une heure nous nous rapprochons de la guelta. Un bruit lancinant et continu s’installe progressivement autour de nous : le blatèrement des dromadaires venus s’abreuver dès les premières heures du jour, qui résonne inlassablement contre les hautes parois et qui ne nous quittera pas de la matinée un son obsédant, le son d’Archeï.

Carnet de voyage de Vincent Bournazel à découvrir dans la revue Bouts du monde n° 24.

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