Carnet de voyage - France

La chevauchée de Roland Garros

En 1910, un Comité angevin de l’Aviation lançait une idée folle : organiser une course d’aéroplanes entre Angers et Saumur, la première épreuve de ville à ville de l’histoire de l’aéronautique. Deux ans plus tard, l’Anjou organisait le premier grand prix de l’Aéro-Club de France, qui consacra Roland Garros. Christian Ravel, l’archiviste du musée de l’Air d’Angers, connaît presque toutes les histoires de cette « Chevauchée des Walkyries », comme le raconta alors Colette, l’envoyée spéciale du journal Le Matin.  

– EXTRAIT –

Un très jeune aviateur qui allait se révéler, Garros (sur Blériot) se présente aux commissaires et demande qu’on lui donne le départ. Voici que les appareils sortent des hangars où l’on conspire, où l’on hésite et où l’on complote ! Remorqué par une voiturette qui sautille sur la piste comme un perdreau, l’élégant oiseau de Garros avance. Il décolle magistralement malgré un vent accusant 20 m/s

Il décolle, monte à 100 m, redescend, ballotté comme une bouée sur mer agitée. La foule angoissée s’attend à tout instant à le voir précipité au sol. Enfin, il prend de la hauteur, s’éloigne et disparaît dans la pluie. Tous sont persuadés qu’ils ne le reverront jamais ; son engin, un Blériot-Gnôme, sera le seul de cette marque, avec celui de Legagneux, à prendre l’air. Bedel, sur Morane-Saulnier, le suit six minutes plus tard mais il joue de malchance. Son oiseau monte difficilement, se cabre, lutte, fait des embardées vers le sol et s’écrase finalement dans un champ. Fait extraordinaire, Bedel est indemne !

Maintenant, c’est Legagneux qui affronte le ciel. Avec son coéquipier Martinet, il terrifie la foule en passant au-dessus des tribunes, mais les cris de terreur se transforment en allégresse car les deux hommes partent à toute allure en direction d’Angers dont les toits miroitent sous un soleil éphémère…

à découvrir aussi

Pascaline Aumond - bouts du monde - photo - carnet de voyage - Russie

Sibérie : les légendes de Tchekhov

par Pascaline Aumond

Mania Sakhalinosa : c’est ainsi que Souvorine avait surnommé la lubie de son ami Tchekhov de se rendre à Sakhaline. Les romans de l’écrivain ont écrit les légendes des photos de Pascaline Aumond, obsédée elle aussi par ce bout de terre de l’extrême Sibérie qui s’est installé dans son imaginaire pour ne plus jamais s’en aller.…

Geoffroy Larcher - Kastellorizo - Bouts du monde.jpg

Le palais abandonné de Kastellorizo

par Geoffroy Larcher

Quelle mouche a donc piqué ce voyagiste qui, en 1975, a décidé d’ajouter à son catalogue la destination de Kastellorizo, petite île grecque pas gâtée par la géopolitique, perdue au large des côtes turques ? Geoffroy Larcher ne se doutait pas, en débarquant du Panormitis, qu’il y retournerait régulièrement, pour rendre visite à monsieur le…