Carnet de voyage - Mongolie

L’écho lointain de Gengis Khan

Trouver la tombe de Gengis Khan. Avec un tel programme, Vincent Marie n’a pas eu de mal à embarquer sa famille dans une aventure. Peu importe que l’aventure ne soit pas couronnée de succès. L’important, c’était que la figure du grand conquérant accompagne la famille lors des chevauchées dans les steppes.

EXTRAIT :

Les paysages des vastes steppes de Mongolie ont longtemps imprégné l’imaginaire de mon enfance. Bercé par les récits des explorateurs comme Guillaume de Rubrouck et Marco Polo, j’ai longtemps voyagé par procuration dans l’Empire des Tartares. Alors que j’écris ces lignes, j’ai d’ailleurs encore en tête l’étonnant amalgame d’observations et de légendes rapporté de l’incroyable épopée sur les Routes de la soie de Marco Polo au XIIIesiècle. Mais ce qui m’avait interpellé dans Le Livre des merveillesde l’explorateur vénitien, alors au service du Kubilaï Khan, petit-fils de Gengis Khan, c’est qu’il avait écrit que les Mongols ne connaissaient déjà plus à cette époque l’emplacement de la tombe du fondateur mythique de leur Empire. En effet, selon la légende, l’escorte funéraire aurait tué tous ceux qui croisèrent son chemin pour cacher le lieu de la sépulture. Une fois la tombe construite, les esclaves qui la construisirent furent massacrés et les soldats qui les tuèrent furent tués à leur tour. Ce mystère allait ouvrir la voie à de nombreux voyageurs curieux et aventuriers…

Je ferme les yeux quelques minutes et j’entends alors leur galop qui résonne au loin…

À notre arrivée dans la capitale, il pleut. Les enfants sont fatigués par le décalage horaire. Ils restent avec ma femme à l’hôtel. Je profite d’une accalmie pour marcher. J’ai besoin de me dégourdir les jambes après de longues heures passées dans l’avion. J’arpente la grande place Gengis Khan de la capitale. L’esplanade est recouverte de dalles où, après la pluie, la présence des passants se reflète comme dans un miroir. Occupant tout le côté nord de cet espace, le palais du gouvernement impose par sa présence. Devant l’entrée principale, trône une imposante statue de Gengis Khan. Toisé par ce regard de pierre, je lis dans la sculpture toute l’ambition d’un homme à vouloir unir des tribus fragmentaires pour faire face à des voisins dominateurs. Deux autres statues, des cavaliers, entourent le roi légendaire. Je ferme les yeux quelques minutes et j’entends alors leur galop qui résonne au loin… Soudain, je perçois des éclats de la fulgurance historique de l’épopée de Gengis Khan dans ces immensités.

Un passant observant ma méditation interrompt cette rêverie. Il m’explique qu’en Mongolie, Gengis Khan est considéré comme le père de la nation. Sa figure légendaire entourée d’un grand respect demeure omniprésente. On la trouve sur l’étiquette de plusieurs marques de vodka, sur les billets de la banque centrale… Et pourtant m’avoue-t-il : « Le grand homme est aussi étrangement absent : nul ne sait où se trouve la dépouille de ce souverain vénéré ». Il s’agit sans doute, précise-t-il « de la plus grande énigme archéologique depuis le XIIIesiècle! ». Retrouver son lieu d’inhumation devient le prétexte d’une rencontre avec Le Livre des Merveilles de la Mongolie. Cette quête apparaît pour moi comme une évidence. Ma famille s’embarque avec moi dans cette aventure.

Carnet de voyage de Vincent Marie à découvrir dans Numéro 47

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