Carnet de voyage - France

Les chemins creux de l’Auvergne

Au cours de l’été qui s’étire, Marielle Durand parcourt la France des chemins creux et des petites villes. Pendant trois mois, à l’occasion d’une résidence dans l’ancienne pharmacie de Chateldon, dans le Puy-de-Dôme, l’artiste observe l’anecdotique avec cette acuité qui permet de dresser un tableau sensible de la ruralité.

– EXTRAIT – 

2 août 2018, Châteldon. Depuis le balcon de l’ancienne pharmacie de Chateldon, où je suis en résidence pendant trois mois, je peux suivre si je le souhaite les allées et venues de tous ceux qui traversent le cœur du bourg. Cette demeure et cette hauteur privilégiées me donnent l’agréable sensation d’être comme au théâtre au temps de Shakespeare mais dans une pièce dont je ne ferais pas moins partie. Sur la place, la nouvelle pharmacie, le cabinet infirmier à l’opposé de celui de Daniela la médecin, la coiffeuse, le Bistr’eau d’Odon, tenu par Simon et Lucie du mercredi au dimanche, et tout récemment ouvert, l’institut de beauté. La politique locale favorise tant que possible les nouvelles installations et la réimplantation de nouveaux commerces.

31 août 2018, Châteldon. Dans le bus de 13 heures pour Vichy. Le second et seul bus quotidien qui part du monument aux morts et fait la rotation avec la ville thermale. Retour de la gare à 17 heures. Cela laisse peu de temps sur place, à moins d’arriver à monter dans celui de 7 heures à l’école George-Sand. Le coût du trajet n’est pas élevé en revanche. Où qu’on le prenne sur l’ensemble de son parcours, il reste de trois euros. Quelques personnes montent à Puy-Guillaume, Mariol et d’autres bourgs que je n’identifie pas dans certains cas. Les arrêts ne sont pas non plus forcément signalés, il vaut mieux les connaître ! Et le chauffeur les découvre avec nous. Il est visiblement en formation et fait sa première tournée de reconnaissance, avec un ancien chauffeur qui lui indique à intervalles réguliers les écarts et retards qu’il prend au fil du trajet. Parfois comme une horloge parlante ! On met environ quarante-cinq minutes pour atteindre notre destination. À peine plus ce jour-là. Je suis rassurée d’avoir un moyen de transport mais il va malgré tout falloir trouver des alternatives si je veux pouvoir me déplacer plus facilement.

Carnet de voyage de Marielle Durand dans Numéro 38

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