n°19

La traversée du miroir

Eté 2014
Bouts du monde n°1915 
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Description

En voyage, il y a plusieurs sortes de bouquins qui s’abîment dans le fond des sacs à dos. Les premiers sont choisis avec soin avant le départ : mieux que des passeports, ce sont les auteurs qui nous ont ouvert les portes des parties du monde, qu’à notre tour, nous avons envie de découvrir. C’est cette envie de traverser le miroir qui a inspiré David Bizet et Françoise Beauguion dans Bouts du monde n°19. Le premier a tracé son itinéraire à travers la Russie, guidé par Boris Pasternak et le Docteur Jivago. La seconde est partie explorer sur les rives du Mékong, ce « lien étrange » qui la rattache à Marguerite Duras.

La littérature est le meilleur tour opérateur du monde. Peu importe que l’époque ait changé, lire Bruce Chatwin pendant que vous descendez la route 40 en Patagonie vous convainc que l’aventurier a été votre compagnon de voyage. Les sables rouges d’Asie centrale ne vous sont pas totalement étrangers depuis qu’Edouard Hopkirk et Ella Maillart ou Rudyard Kipling vous ont raconté ce qu’il advenait des voyageurs imprudents qui prenaient part au Grand Jeu au début du XXe siècle. Vous savez bien que vous n’aurez pas assez d’un voyage pour rendre visite à tous ceux qui vous ont incité à déplier des cartes, par delà les cols de l’Himalaya, du Karakoram et de l’Hindu Kush : Eric Newby, Alexandra David-Néel, Joesph Kessel…

Et puis il y a les livres qu’on trouve par hasard, dans les book shops de Thamel à Katmandou. Annapurna, premier 8000, que l’on lira bien au chaud dans un duvet avant de franchir le Thorong La, vaut bien quelques roupies. Ceux aussi, chéris par les voyageurs au long cours, que l’on récupère dans une auberge de back-packers. Possible que vous tombiez sur un Harry Potter en anglais, ou un vieux polard bien de chez nous. Et puis il y a des bonnes surprises qui vous offrent un supplément d’évasion : un gros pavé de TC Boyle, qui raconte les aventures de Mungo Park en Afrique pendant que vous traversez la Chine en train, en classe assis-dur… Votre bouquin à la couverture déchirée est alors un compagnon inestimable : surtout ne pas le lire trop vite pour le faire durer jusqu’au terminus.

William Mauxion

Les carnets du n°19
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