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Carnet de voyage - Mongolie

Jour de fête sur le lac Khövsgöl

C’est une kermesse, par moins 20° C, au milieu de lac Khövsgöl en Mongolie. Les premiers pas de Céline Jentzsch sur cette incroyable épaisseur de glace étaient mal assurés, les premiers tours de roue sur la piste imaginaire irréels, mais le tableau était éblouissant.

Il ne reste plus que quelques heures avant l’ouverture du festival de glace du lac Khövsgöl, situé au centre-nord de la Mongolie à quelques dizaines de kilomètres de la frontière sibérienne. Créée il y a treize ans, cette manifestation vise à promouvoir le tourisme d’hiver et propose diverses activités sur glace proches du Naadam, la grande fête nationale mongole qui a lieu au mois de juillet. Les visiteurs étrangers semblent encore un peu frileux pour venir glisser et célébrer l’hiver ici et je n’ai pu apercevoir qu’une petite vingtaine de voyageurs. Les Mongols, eux, paraissent ravis. Je les connaissais déjà joyeux et compétiteurs, je les découvre émerveillés et joueurs comme de grands enfants dans un parc d’attractions naturel. Une occasion pour eux aussi de se retrouver, alors que les villages environnants sommeillent dans l’hiver.

La veille de l’ouverture du festival et jusque tard dans la nuit, tronçonneuses, burins et fraiseuses s’activent sur la glace à la lueur de lampes alimentées par des générateurs. La température frise les moins vingt degrés mais cela ne décourage pas les artistes, qui depuis deux jours déjà, sculptent avec une concentration redoutable toutes sortes  de statues, que ce soit des divinités, des animaux ou des scènes de vie locale. Les blocs de glace mesurent pour certains plus de deux mètres de haut. Les sculpteurs n’ont pas droit à l’erreur et travaillent sans modèles, mais si tel est le cas, ils « recollent » les morceaux en faisant chauffer la glace aux deux extrémités avant de les assembler à nouveau. La tension est palpable, cette année, treize équipes concourent et chacune espère décrocher le premier prix de cinq millions de
tugriks, environ 2 300 euros.

A l’aube du festival, les voitures, les motos et les side-cars affluent sur une route imaginaire du lac gelé pour rejoindre le lieu des festivités. Cette conduite n’est pas sans difficulté, et pour obtenir une meilleure adhérence sur ce miroir bleu, des « pneus-neige » sont improvisés avec des bouts de tissus noués autour des roues. Une estrade de glace a été construite en guise de scène, autour de laquelle les visiteurs découvrent les sculptures de glace finalisées. La cérémonie d’ouverture est animée par des chants diaphoniques ou chants de gorge, et de la musique traditionnelle. C’est parti pour deux jours hauts en couleur.

Jusque tard dans la nuit, tronçonneuses, burins et fraiseuses s’activent sur la glace à la lueur de lampes alimentées par des générateurs. La température frise les moins vingt degrés

Alors que nous, visiteurs, ressemblons à des pingouins vêtus de vêtements high-tech souvent très monotones (dans l’espoir contrer le froid), les Mongols, eux, ont revêtu leurs plus beaux deels. Ce long manteau qui descend jusqu’aux chevilles, est doublé de peau de mouton et assure confort et chaleur. Vu de la berge, on croirait assister à un ballet de danseurs dans une boite à musique. Sur la glace on ne marche pas, on se déplace en glissant.

(…)

© Carnet de voyage de Céline Jentzsch à découvrir dans Bouts du monde n°26

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