L’aventure dans le corridor du Wakhan

Philippe
Bichon
/
Tadjikistan
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Bouts du monde n°2615 
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Carnet de voyage Tadjikistan

On n’arrive plus dans les villes mythiques de la route de la Soie, en Ouzbékistan, sur les chameaux d’une caravane de marchands, et les caravansérails vendent désormais des boules à neige. Mais Philippe Bichon savait bien que le parfum de l’aventure était là tout proche, derrière les mausolées turquoise, de l’autre côté de la frontière, au Tadjikistan.

Chez les Ismaéliens de la Vallée du Wakhan, la moisson à la serpe et au tamis bat son plein, aux pieds des forteresses en ruines d’où l’on peut contempler les sommets de l’Hindu Kush. Des paysages somptueux et une population attachante, peut-on espérer mieux en voyage ?

J’ai les yeux rivés sur les villages afghans sur l’autre rive de la Pianj, cette rivière qui trace la frontière. Au-delà de l’espace, celle-ci semble aussi séparer deux époques. Au fascinant marché d’Ishkashim qui se tient sur une île entre les deux pays, je rencontre les Afghans et croque l’un d’eux.

Voyager au Tadjikistan en solo n’est pas facile. A Langar, je galère toute une journée à tendre le pouce. Trois véhicules de voyageurs refusent de me prendre et ce seront les derniers à passer ! Après cette journée de stop infructueuse, je parviens tant bien que mal à quitter le Wakhan pour rejoindre la mythique M41, la Pamir Highway.

Alors que je suis frustré de découvrir, depuis la voiture, ce lac turquoise sur fond de désert ocre, l’amortisseur casse ! Grosse tuile pour les chauffeurs, moi je jubile. L’occasion d’une halte imprévue à Bulunkul s’offre ainsi à moi. Au petit matin, pendant la réparation, j’affronte le froid et dessine les longues maisons blanches aux boiseries bleues. Je ne tarde pas à susciter l’intérêt des villageois et des écoliers.

© Carnet de voyage de Philippe Bichon à découvrir dans Bouts du monde n°26